5e Dimanche de Pâques -A

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Ac 6, 1-7 ; Ps 32 (33), 1-2, 4-5, 18-19 ; 1 P 2, 4-9 ; Jn 14, 1-12
Homélie du 3 mai 2026,
Par Père Ferdinand SEBRE

Chers Gabriele, Thomas, Nathan, Alexandre, Jules et Justine,

Aujourd’hui est un jour important pour vous, car vous allez faire votre première communion. Ce jour reste aussi important pour Lorna, qui va faire sa profession de foi. Pour vous ; vos parents, vos amis, vos connaissances ont effectué le déplacement pour vous entourer de leur présence et de leur affection.

Aujourd’hui, les textes que nous écoutons nous présentent Jésus comme étant le chemin, la vérité et la vie. Frères et sœurs bien-aimés, qui parmi nous n’a jamais fait l’expérience d’un GPS qui se plante ? Quand le GPS se plante et surtout quand on ne connaît pas le chemin, on est foutu. Jésus dit qu’il est le chemin.

Il est le véritable GPS qui nous conduit au Père. Aujourd’hui, je nous invite donc à regarder ce qu’il nous faut entendre par « Je suis le chemin, je suis la vérité et je suis la vie ».

Je suis le chemin.

Jésus ne dit pas qu’il est un chemin, mais il est le chemin par lequel nous parvenons au Père. L’une ne peut aller au Père sans passer par moi. Jésus est donc celui qui nous conduit dans la vérité du Père, celui qui nous conduit dans le sein du Père.

Sans Jésus, il nous est impossible d’arriver au Père. Je suis le chemin.

Il dit aussi je suis la vérité.

Que faut-il entendre par la vérité ? Loin d’être l’adéquation avec la réalité, la vérité telle que l’entend Jésus et telle que l’entend aussi l’Église, c’est un dévoilement. C’est comme si Jésus venait nous dévoiler réellement qui est le Père. Qui mieux que Jésus, qui était dans le sein du Père, pourra nous révéler qui est réellement le Père.

Il est toute la vérité du Père. Il est celui-là qui nous révèle réellement qui est le Père. C’est en ce sens qu’il nous faut entendre qu’il est la vérité.

Il est celui qui nous dévoile le visage du Père. C’est ainsi qu’il dit à Philippe : « qui m’a vu a vu le Père », car il nous révèle qui est le Père.

Il dit qu’il est la vie.

Il est la vie en ce sens que la vie du Père nous est donnée par Jésus-Christ. Et cette vie, elle est une vie éternelle. Il ne nous donne pas une vie biologique, minérale, mais il nous donne une vie, une qualité de vie que seul Dieu est capable de nous donner.

Oui, je suis le chemin, la vérité et la vie. Il nous donne cette vie qui ne finit pas et c’est à cette vie que vous, chers amis, vous allez communier tout à l’heure à travers le sacrement que vous allez recevoir.

Dans les lettres que vous m’avez adressées pour demander, je me suis permis de retenir quelques réponses.

Quelqu’un parmi vous disait, « je veux communier ». Et cette réponse est revenue plusieurs fois dans les lettres. « Je veux communier pour hériter du Christ » et je trouve que cela est beau.

Oui, par cette communion, vous devenez réellement des co-héritiers avec le Christ. Un autre répondait ceci, « je veux faire ma première communion car j’ai envie de grandir dans la foi et de ressentir le bonheur que Dieu nous donne même quand les moments sont difficiles ». Un autre répond ceci, « je veux communier pour qu’il vienne habiter dans mon cœur ».

Et puis la dernière que je vous partage est celle-ci, « je veux suivre Jésus, je veux aussi suivre le chemin de mes parents, de mes grands-parents, de ma marraine et de mon parrain. Tout en commençant aujourd’hui par mon propre voyage et poursuivre l’engagement que mes parents ont pris pour moi ». Peut-être que certains parmi vous reconnaissent quelques bouts de phrases de leurs lettres, mais je trouve que ces réponses disent la réalité de ce que vous voulez vivre dans cette communion.

Quand vous dites que nous voulons être héritiers, quand vous dites que j’ai envie de grandir, quand vous dites que vous voulez vous laisser habiter par le Seigneur, quand vous dites que vous voulez vous engager à la suite de vos parents, parrains et marraines, vous êtes en train de dire que ce sacrement vous unit au Christ et à l’Église. Et c’est là que nous rejoignons la première lecture que nous avons entendue. Dans cette première lecture que nous avons entendue, c’est une communauté fragilisée, une communauté qui est divisée.

Et les apôtres disent que nous n’allons pas délaisser le service de la table, nous allons plutôt choisir des hommes qui vont s’occuper de cela. L’Église, au cœur d’une crise, laisse surgir quelque chose de nouveau. Et à travers les liens qui ont été établis, Dieu a manifesté sa miséricorde au cœur de cette crise qui risquait de diviser encore l’Église.

Communier, donc, ce n’est pas juste recevoir Jésus, c’est aussi communier à toute l’Église, c’est faire un avec toute l’Église, c’est pleinement assumer cette foi que vous avez reçue de vos parents, cette foi qu’eux-mêmes ont reçue de l’Église, c’est tout simplement prendre votre part dans cette réalité qui est l’Église.

Communier, c’est recevoir Jésus, c’est le recevoir dans votre cœur. En recevant Jésus, vous aussi, vous devenez non seulement ceux et celles qui désormais, allez porter Jésus au monde entier.

Frères et sœurs bien-aimés, cette première communion de nos enfants et de nos jeunes nous interpelle, nous, et les textes nous interpellent, nous aussi. Ce texte nous invite à comprendre finalement que le but de toute vie chrétienne, c’est de nous unir au Christ et de nous unir les uns aux autres dans une véritable communion. Demandons donc au Seigneur en cette Eucharistie que nous puissions faire un avec lui en étant un les uns avec les autres.

Il n’y a pas d’Église sans communion, il n’y a pas d’Église sans communauté, alors qu’en cette Eucharistie, Dieu nous donne la force de faire une communauté vivante. Nous qui sommes non pas des pierres mortes, mais des pierres vivantes qui témoignons de ce Dieu qui est vivant aujourd’hui, demain et pour les siècles des siècles.

Amen.