Ac 2, 14a.36-41 ; Ps 3(22),1-2ab.2c-3.4.5.6. ; 1P 2, 20b-25 ; Jn 10, 1-10
Homélie du dimanche 26 Avril 2026
Par l’Abbé Victor BADJI
Frères et sœurs en Christ, nous célébrons en ce 4e dimanche de Pâques, appelé dimanche du Bon Pasteur, la 63e Journée Mondiale de Prière pour les vocations dont le thème de cette année porte sur la découverte intérieure du don de Dieu. Parce que, quand on parle de vocation, on parle de ce qui touche l’être humain au fond de sa liberté. Pour les Chrétiens, l’appel vient de Dieu, de la parole du Christ invitant à le suivre et à être ses témoins dans le monde et dans l’histoire. Tout chrétien, par son baptême est appelé à faire de sa vie une réponse, un service, un sacerdoce devant ses frères et sœurs, au cœur de l’Église et dans la cité. Nous sommes tous invités à prier afin que chaque liberté humaine découvre son chemin grâce au dialogue intime avec Celui qui nous appelle : « mes brebis entendent ma voix et moi je les connais, elles me suivent ».
C’est aussi une occasion pour nous, de rendre grâce à Dieu pour toutes ces multiples vocations à travers le monde. Et pour ceux et celles qui fêtent en cette année leur anniversaire ou jubilé de mariage, de vie religieuse ou sacerdotale, de vie de service en paroisse, nous leur souhaitons la bonne fête. Merci à la fidélité de Dieu qui vient toujours à la rencontre et soutenir les efforts de fidélité de toute personne au cœur de sa vocation. Chaque vocation est un don immense pour l’église et pour celui qui l’accueille avec joie. Tous nous sommes invités à participer à la plénitude de l’amour de Dieu, et donc à aimer, à être heureux et à rendre heureux. Ce jour est donc un kairos, un moment favorable pour tout baptisé d’interroger sérieusement sa conscience afin de voir si sa vocation, son service rendu aux membres du Christ de sa paroisse est source de bonheur, de paix, de joie ou de malheur, de haine ou de tristesse. Sommes-nous au service de quelqu’un qui s’appelle le Bon Berger, ou quelqu’un d’autre ou encore d’une doctrine qui n’incarne pas l’amour, la tendresse, la délicatesse du Bon Berger. Chers frères et Sœurs, chers jeunes, tous nous sommes invités à entrer dans une relation qui se construit dans la prière et le silence afin d’accueillir et de vivre le don de la vocation, qui n’est jamais une imposition ou un schéma préétabli auquel il suffit d’adhérer, mais un projet d’amour et de bonheur.
Connaître le Seigneur signifie avant tout, apprendre à Lui faire confiance, avec une ferme espérance. Qu’avons-nous retenu du Jubilé de l’Espérance ? Aucun obstacle ne doit nous enlever la joie de la solennité et de la paix intérieure, car si l’on désire se rendre à un endroit qu’on s’est fixé, aucune difficulté ne peut changer ce désir. Au cœur de ce projet de fiançailles avec la communauté Mère du Divin Amour, laisserions-nous l’Esprit Saint nous guider ? De toute manière Dieu est fidèle à ses promesses, disait St. Pierre dans la première lecture.
Nous sommes invités à connaître Dieu, à travers la prière, l’écoute de la parole de Dieu, les sacrements, la vie de l’Église et le don de soi à nos frères et sœurs. A l’instar d’Abraham, de Saint Joseph, nous sommes invités à accepter d’être mené par Dieu où il veut et comme il veut, accepter d’être envoyé, et d’être envoyé précisément là où nous n’aurions pas voulu aller. En effet, pour savoir ce que signifie pour nous la présence cachée d’un berger, il faut faire l’expérience du désert. C’est-à-dire qu’il faut marcher longtemps seul, sans aucun soutien humain. Il faut avoir connu le délaissement, la trahison, la mort d’un être cher, la détresse d’une entière solitude, pour que Jésus devienne pour nous, Jésus, notre Bon Berger. Il faut avoir été longtemps malheureux, pour goûter et connaître la joie que Jésus a apportée et qu’il continue de donner au monde (Cf Jn 9, 1-40 : Jésus rejoint l’aveugle de naissance dehors là où il fut jeté, expulsé de la synagogue par les pharisiens). Je crois bien que le Christ est capable de rejoindre tous les hommes au plus profond d’eux-mêmes, parce qu’il s’est semblable au plus petits, au plus pauvres, aux plus démunis d’entre eux. Jésus n’est pas en face de l’homme ou au-dessus de Lui, il est au-dedans.
Chers amis premiers-communiants, c’est ce Jésus Bon Berger que vous allez recevoir bientôt et qui transformera votre vie. Prenez le temps de lui parler comme un ami parle à son ami. N’hésitez pas de lui confier vos études, vos parents, vos catéchistes, votre avenir, ces amis à qui vous voulez partager la joie d’avoir rencontré Jésus, de l’aimer et de se laisser aimer par Lui.
Frères et sœurs, l’Esprit et l’Épouse disent : Viens ! Que celui qui entend dise viens ! Que celui qui a soif vienne, Que l’homme de désir reçoive de l’eau vive, gratuitement (Ap 22,17). Oui, le dernier mot de la révélation est un cri, le cri de l’Église et du monde, dernière parole et dernière prière de l’homme à Dieu : Amen, viens, Seigneur Jésus !
Oui Seigneur Jésus, aide-moi à découvrir ma vocation au milieu de ce monde que tu aimes tant, aide-moi à rester fidèle à ma vocation !
Au Nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit Amen !!!