« Le christ est vivant » : Vigile Pascale – A

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Gn 1,1-2,2; Gn 1, 1.26-31a; Ps 103 (104), 1-2a, 5-6, 10.12, 13-14ab, 24.35c; Ps 32(33), 4-5, 6-7, 12-13, 20.22; Gn 22 1-18; Gn 22, 1-2.9a.10-13.15-18; Ps 15(16), 5.8, 9-10, 11; Ex 14, 15-15, 1a; Ex 15, 1b, 2, 3-4, 5-6, 17-18 ; Is 54, 5-14 ; Ps 29(30), 3-4, 5-6ab, 6cd, 13; Is 55, 1-11; Is 12, 3; Ba 3, 9-15.32-4, 4; Ps 18(19), 8, 9, 10, 11; Ez 36, 16-17a.18-28; Ps 41(42), 3, 5efgh; 42(43), 3, 4; Ps 50(51), 12-13, 14-15, 18-19; Rm 6, 3b-11; Ps 117(118), 1.2, 16-17, 22-23; Mt 28, 1-10;

Homélie du Samedi 4 Avril 2026
Par l’Abbé Ferdinand SEBRE

Bonne fête de Pâques à tous et à toutes. Frères et sœurs bien-aimés, à l’éternelle triple question, toujours demeurée sans réponse, qui sommes-nous ?  D’où venons-nous ? Et où allons-nous ? Pierre Dac répond : « En ce qui me concerne personnellement, je suis moi, je viens de chez moi et j’y retourne ».

En cette nuit de Pâques, la liturgie nous invite à répondre à cette question pour nous qui sommes chrétiens. Comme le disait le pape Benoît XVI, à l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique, une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là, son orientation décisive.

Quel est donc cet événement ? C’est bel et bien l’événement de la Pâques. Frères et sœurs bien-aimés, nous ne sommes pas venus simplement assister à une belle célébration, mais entrer dans le cœur même de notre foi. La nuit Pascale est la nuit où Dieu agit, la nuit où la mort est vaincue, la nuit où la lumière du Christ ressuscité traverse toutes nos obscurités.

 Nous avons commencé dans le noir, un feu a été allumé, une flamme fragile est pourtant capable d’illuminer toute l’Église. Ainsi est la résurrection. Elle ne s’impose pas par la force, mais elle se communique, elle se partage, elle se reçoit.

Une seule lumière et la nuit recule. D’où venons-nous ? Nous venons d’une longue histoire d’amour et de salut. Les lettres que nous avons entendues retracent toute l’histoire du salut.

Dieu crée le monde par amour, Dieu libère son peuple de l’esclavage, en le faisant passer à travers la mer. Dieu promet de donner un cœur nouveau et un esprit nouveau. Ce soir, nous comprenons que toute cette histoire converge vers le Christ, le but ultime de notre vie.

La traversée de la mer Rouge annonce un passage plus radical encore, le passage de la mort à la vie. Ce que Dieu a commencé dans la Création et dans l’Exode, il l’accomplit pleinement dans la résurrection de Jésus. Frères et sœurs, voilà d’où nous venons.

Nous avons jailli des mains de Dieu, nous dira Saint-Irénée. Des doigts de Dieu, l’homme est sorti, laissant en nous comme des empreintes de Dieu. Nous sommes l’œuvre d’amour de Dieu.

L’évangile nous montre des femmes allant au tombeau avec leur peur, leur tristesse, mais aussi leur fidélité. Elles cherchent un mort et elles rencontrent le vivant. Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Cette question nous est posée à nous aussi en cette nuit.

Combien de fois cherchons-nous la vie là où elle n’est pas, dans l’insécurité illusoire, dans des accumulations, dans le répit sur soi, dans la peur de l’avenir ? Le tombeau est vide. Ce n’est pas un signe de manque, c’est un signe d’espérance.

La résurrection n’efface pas la croix, mais elle en relève tout le sens. L’amour donné jusqu’au bout est plus fort que la mort. Où allons-nous ? Saint Paul nous l’a rappelé.

Par le baptême, nous avons été plongés dans la mort du Christ afin que, comme lui, nous soyons ressuscités et que nous puissions mener une vie nouvelle. La résurrection n’est pas seulement un événement du passé, elle est une force pour aujourd’hui. Chaque fois que nous refusons la haine et choisissons le pardon, chaque fois que nous relevons quelqu’un au lieu de l’écraser, chaque fois que nous faisons confiance au lieu de désespérer, la résurrection est déjà à l’œuvre.

En cette nuit, Carla, Charlène, Jodie et Sébastien vont être baptisés. D’autres, comme vous et moi, nous allons être renouvelés dans notre foi. Tous, nous sommes appelés à laisser Dieu rouler les pierres qui ferment nos cœurs.

La pierre du découragement, la pierre de la peur, du péché, de la culpabilité. Où allons-nous ? Aller annoncer. L’ange ne dit pas aux femmes de rester plus près du tombeau, mais il leur dit « allez ». La résurrection, frères et sœurs bien-aimés, fait de nous des envoyés.

Nous ne sommes pas des chrétiens de la peur, mais des chrétiens de l’espérance. Nous ne sommes pas des témoins d’une idée, mais des témoins d’une vie nouvelle. En sortant cette nuit, le monde ne sera pas devenu parfait.

Le mal continuera d’infliger des blessures à notre humanité. Les épreuves demeurent, les violences aussi, ainsi que les guerres. Mais quelque chose a profondément changé.

La mort n’a plus le dernier mot. Alors, frères et sœurs, ne rentrez pas chez vous comme avant, comme le dit le chant. Ne vivez plus chez vous comme avant.

Chassez vos peurs, chassez vos craintes. Vivez en homme nouveau. Laissons la parole du pape François nous le dire encore aujourd’hui : « Frères et sœurs bien-aimés, ne nous laissons pas voler notre espérance. Ne nous laissons pas voler notre joie de croire. Nous ne croyons pas en une idée ».

Nous croyons en un homme qui est mort par amour pour nous, et qui est vivant aujourd’hui, demain, et pour les siècles des siècles. Amen.