« Il vit et il crut » : Jour de Pâques – A

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Ac 10, 34a.37-43 ; Ps 117 (118), 1.2, 16-17, 22-23 ; Col 3, 1-4 ; Jn 20, 1-9
Homélie du dimanche 5 Avril 2026
Par l’Abbé Ferdinand SEBRE

Comme nos frères d’Orient au lendemain de Pâques aiment bien le faire et se saluer, je voudrais ce matin de Pâques dire à tous et à chacun

« Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité, Alléluia ! »

Alors je reprends, Christ est ressuscité, …

Vous savez frères et sœurs, nous sommes aujourd’hui jour de Pâques, jour de fête, n’ayons pas des mines défaites, mais des mines de fête !

« Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité, Alléluia ! »

Frères et sœurs bien-aimés, en ce dimanche, en écoutant l’évangile, on est frappé par ce qui s’y passe. Alors qu’est-ce qui s’y passe ?  On a l’impression de se retrouver en fait dans notre monde actuel où nous courons. Et si vous avez bien remarqué, dans cet évangile, il y a beaucoup qui courent.

La première à courir, c’est bel et bien Marie-Madeleine. Tôt le matin, elle va au tombeau et là, elle voit que la pierre a été roulée et elle ne trouve pas le corps de Jésus, alors elle se met à courir. Elle arrive et elle dit à Jean et à Pierre que le Seigneur a été enlevé.

En apprenant cette nouvelle, eux aussi se mettent à courir. En fait, tout le monde court. Mais pourquoi courent-il ? Quelle nouvelle les amène à courir de cette façon ? C’est la nouvelle la plus extraordinaire que l’humanité n’ait connue.

Cette nouvelle, c’est que celui qu’on croyait mort, celui pour qui on pensait que tout était fini, est revenu à la vie. C’est cela notre joie et c’est cela notre espérance. Une telle nouvelle, on ne la garde pas pour soi. On la partage à temps et à contre-temps. Cette nouvelle, on ne la garde pas pour soi, on la proclame par tout l’univers parce que cette nouvelle, elle est bonne. Elle est bonne parce que le plus grand ennemi de l’homme qui est la mort a été vaincu.

Le pape Benoît XVI disait : qu’on nous dise qu’une personne est morte en Israël, si on n’est pas concerné, si on ne le connaît pas, nous allons certes compatir, mais nous ne serons pas affectés plus que cela. Mais si c’est un membre de notre famille, oui, nous serons profondément affectés. Mais si on nous dit qu’en Israël, un homme est mort et qu’il est ressuscité, cette nouvelle nous concerne car elle dit que désormais, un homme a vaincu la réalité humaine et les limites humaines. Nous sommes concernés parce que si un homme est revenu de la mort à la vie, ça veut dire que quelque chose a changé dans l’humanité. Et c’est la première fois que le pape Benoît utilise ce thème.

Il y a donc une révolution dans notre être. Cette révolution, c’est que désormais, la mort n’a plus le dernier mot. Désormais, Christ a vaincu la mort et nous entraîne dans son cortège de victoire pour faire de nous des vivants à jamais.

Voilà la bonne nouvelle qui fait courir les uns et les autres.  Alors, cette bonne nouvelle, qu’est-ce qui justifie qu’elle est réellement bonne ? Ou, autrement dit, qu’est-ce qui prouve que le Seigneur est vraiment ressuscité ? 

Allons-y dans l’Écriture, dans l’évangile que nous avons écouté. Je vais donner juste deux détails dans cet évangile.

Jean et Pierre courent. Et quand ils arrivent, c’est Jean qui arrive le premier. Premier détail. Pourquoi Jean arrive-t-il le premier au tombeau ? Mais il arrive le premier au tombeau parce que Jean est le disciple bien-aimé.

Et le disciple bien-aimé, c’est celui dont le cœur est rempli d’amour pour le Maître. Les deux courent. D’aucuns me diraient, mais Jean était plus jeune que Pierre.

C’est normal qu’il coure plus vite. Non, ce qui poussait Jean à aller plus vite, ce n’est pas tant la jeunesse. Ce qui le poussait à aller plus vite, c’est bel et bien l’amour qu’il portait pour son Maître.

Ne disons-nous pas ici que quand on aime, on ne compte pas. Jean ne pouvait pas compter ses pas parce qu’il était comme propulsé par l’amour qu’il avait pour le Seigneur et cela l’amenait au tombeau. Il arrive au tombeau et que constate-t-il ? Première chose qu’il voit : il se penche et aperçoit les linges qui sont posés à plat. Cependant, il n’entre pas. Vient ensuite Pierre.

Pierre arrive et lui aussi aperçoit les linges posés à plat. Les deux ont vu la même chose. Ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part, à sa place.

Qu’est-ce que cela veut dire ? Nous nous souvenons qu’à l’ensevelissement, le corps de Jésus avait été entouré par un linge et il a été mis au tombeau. Au matin de Pâques, Pierre et Jean voient que ce linge qui avait entouré le corps de Jésus s’est comme affaissé. Donc cela ne pouvait pas être l’œuvre d’un homme, mais tout simplement l’œuvre de l’Esprit de Dieu. C’est comme si le corps de Jésus avait disparu au milieu justement de ce linge qui entourait son corps. Cela ne peut pas être une œuvre humaine. Elle ne peut qu’être une œuvre de Dieu.

Voilà ce qui amène les uns et les autres à courir, parce que c’est une bonne nouvelle. Il n’est pas mort, il est ressuscité.

Frères et sœurs, si donc Jésus est ressuscité, comment devons-nous vivre notre résurrection ?

Trois éléments nous aideraient à vivre cela.

La première, frères et sœurs bien-aimés, nous sommes des chrétiens. C’est Mahatma Gandhi qui disait que le jour où il verrait des chrétiens avec des mines de fêtes, il se convertirait. Cela veut dire que quelquefois, ou peut-être même souvent, nous avons des mines vraiment tristes.

Le pape François ne cesse de nous dire que nous devons être des chrétiens joyeux parce que nous portons la nouvelle la plus extraordinaire qui est celle de la résurrection du Christ. Alors, ayons des mines de fêtes, à temps et à contre-temps. Que les choses aillent bien dans notre vie, que les choses n’aillent pas bien dans notre vie. Tenons ferme notre espérance, car cette espérance ne déçoit pas.

Vous êtes toujours avec moi ?

Allons-y pour le deuxième point.

Nous vivons, certes, dans un monde troublé. Nous vivons dans un monde où il y a la guerre, au Proche-Orient, et dans bien des endroits. Comment Christ ressuscité peut-il manifester sa bonté dans un tel monde qui, au milieu de nous, ne s’est pas désolé en voyant les guerres répandre un peu partout dans le globe ? Alors, nous nous retrouvons bien souvent impuissants devant ces réalités-là.

Cependant, si Christ est ressuscité dans notre cœur, nous pouvons changer le cours de l’histoire en commençant d’abord par nous-mêmes. Si nous ouvrons notre cœur au Christ ressuscité, il ajustera notre cœur pour que nous aussi, nous puissions nous aimer les uns les autres et nous pardonner les uns les autres. C’est Saint Séraphin de Sarov qui disait « Acquiers la paix et mets-la autour de toi ». Si nous n’avons pas la paix en nous, nous ne pouvons pas donner la paix aussi aux autres.

Commençons par laisser le Christ ressuscité nous communiquer sa paix, alors nous allons pouvoir communiquer cette paix aux uns et aux autres, et notre monde sera embrasé par cette paix parce que nous aurons laissé l’œuvre de la résurrection se manifester en nous.

Troisième point, Christ ressuscité nous engage.

Notre monde est triste, notre monde a perdu de l’espérance et Christ nous envoie aujourd’hui pour témoigner, pour témoigner que le Seigneur est toujours à l’œuvre.

Église de France, où les uns et les autres ont dit que le XXe siècle, ce sera le déclin de l’Église et nous sommes encore là. Les uns et les autres ont dit que nous allons bientôt disparaître parce qu’il n’y a plus grand monde dans l’Église. Et aujourd’hui, ceux qui s’engagent dans le baptême sont de plus en plus nombreux.

Non, cette œuvre ne vient pas des hommes, cette œuvre, elle vient de Dieu, de ce Dieu qui est vivant.

Alors aujourd’hui, dans cette Eucharistie, nous aurons la joie d’accueillir deux de nos enfants qui vont être baptisés, signe que le Christ est le signe de notre espérance. La jeunesse n’est-elle pas l’espérance ?

Que cette espérance soit notre joie aujourd’hui, demain, et pour les siècles des siècles, Amen.