Rameaux, fête du paradoxe : Solennité des rameaux

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Mt 21, 1-11; Is 50, 4-7; Ps 21 (22), 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a; Ph 2, 6-11; Mt 26, 14-27, 66; Mt 27, 11-54;
Homélie du Dimanche 29 mars 2026
Par l’Abbé Ferdinand SEBRE

Frères et sœurs bien-aimés, en ce dimanche des rameaux, nous vivons ce que j’appelle le paradoxe.

Plusieurs paradoxes sont relevés dans les textes et même dans la célébration elle-même. Le premier paradoxe que je relève, c’est la fête en elle-même. Nous avons été convoqués pour célébrer la fête des rameaux et pour cette occasion cette église est pleine.

Elle est pleine des chrétiens habitués, elle est pleine des chrétiens occasionnels, toujours est-il que l’église est pleine. Nous sommes venus à la fête et en termes de bonnes nouvelles au cœur de cette fête, c’est plutôt une parodie de jugement qui nous est donnée. Dans cette parodie de jugement, c’est l’innocent qui finalement est condamné et mis à mort.

Oui, paradoxe. Paradoxe même dans le texte de cette foule qui dit : « béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ». Paradoxe de cette foule, cette même foule qui dit : « crucifie-le à mort, à mort ».

Nous baignons en plein paradoxe. Oui, paradoxe de celui en qui on a vu, celui qui apporte le salut mais en même temps qu’on crucifie. Cette célébration nous plonge pleinement dans ce que j’appelle le paradoxe.

Mais au-delà du paradoxe, Dieu n’est-il pas en train d’écrire quelque chose de nouveau et de grand ? Cette chose nouvelle, cette grande chose que Dieu écrit seul, est encore là un paradoxe. Celui qui, au regard des uns et des autres, ne pouvait pas le reconnaître, c’est ce dernier qui le reconnaît. Qui est-il ce dernier qui le reconnaît ? C’est celui que nous appelons couramment le bon larron.

Le bon larron, au moment où notre Seigneur Jésus Christ est défiguré, au moment où il porte tout le poids du péché, au moment où le Seigneur dans son corps récapitule toutes les souffrances des hommes et des femmes de notre temps, lui le bon larron reconnaît en lui le sauveur du monde entier au point qu’il dit : « souviens-toi de moi quand tu viendras au paradis ».

Frères et sœurs bien-aimés, demandons au Seigneur en cette Eucharistie de nous donner la foi du bon larron pour que nous aussi nous puissions reconnaître alors que toute apparence de Jésus ne nous permet pas de le reconnaître, que nous puissions reconnaître en ce Christ défiguré la présence de ce Dieu amour qui est vivant aujourd’hui, demain et pour les siècles des siècles. Amen.