Si 15, 15-20; Ps 118 (119), 1-2, 4-5, 17-18 ; 1 Co 2, 6-10 ; Mt 5, 17-37 ; Mt 5, 20-22a.27-28.33-34a.37
Homélie du 15 février 2026,
Par l’Abbé Victor
Frères et sœurs en Christ,
En ce sixième dimanche du temps ordinaire, nous avons tous entendu, surtout dans l’Évangile, les paroles de Christ, qui nous interpellent fortement par rapport à notre manière de vivre, notre mode de vie, notre manière de voir, de juger, d’aimer, d’appliquer les commandements de Dieu. Demandons à l’Esprit Saint, cette troisième personne que nous avons tous reçue le jour de notre baptême, de nous envahir de la vraie sagesse, de la connaissance de Dieu, pour que nous puissions être des chrétiens authentiquement, basés sur l’amour, la vérité et l’entraide fraternelle. Le psaume 118 que nous avons entendu, dans l’une des strophes, nous disait ceci, « Enseigne-moi, Seigneur, le chemin de tes ordres. Montre-moi comment garder ta loi, que je l’observe de tout cœur. » Oui, frères et sœurs, ce sixième dimanche du temps ordinaire nous invite à réfléchir sur la loi, c’est-à-dire sur la connaissance de la loi divine et son accomplissement, c’est-à-dire son amour, parce que tout s’accomplit dans l’amour de Dieu. La première lecture nous rappelle que Dieu a donné la liberté de choisir à l’homme, entre la vie et la mort, entre le bien et le mal, mais c’est une liberté qui nous invite à étreindre, à embrasser une loi qui nous aide à vivre en harmonie avec les autres, les hommes, et aussi la création tout entière, à les respecter ou à la respecter, mais aussi à vivre en harmonie avec nous-mêmes.
Si nous faisons une lecture rétrospective de l’histoire de l’Église, nous nous rendons compte qu’après le Vatican II, il était question de réviser un peu le code du droit canon. Et à la suite de cette révision, les instituts religieux ont été invités aussi à réviser leur constitution. Certains pays, nous suivons bien les médias, certains pays du monde font aussi des amendements à leur constitution.
Eh bien, à la fin de la proclamation de l’Évangile de ce jour, nous avons l’impression que Jésus est en train de faire quelques amendements à la constitution du peuple d’Israël. Cependant, plus qu’un amendement, il exige de ses auditeurs un changement beaucoup plus radical, c’est-à-dire qu’il ne s’agit plus d’un changement de la loi, mais de la relation dans le face-à-face avec cette loi. Il ne s’agit plus d’un changement de la loi, oui, mais du cœur.
Parce que le cœur, c’est le sanctuaire de Dieu. En fait, Jésus nous instaure, n’instaure pas plutôt un nouveau légalisme plus exigeant que celui des pharisiens. Il remplace les exigences du légalisme par celles de l’amour, qui vont bien plus au-delà de ce que demande la structure de justice.
Saint Jean nous le dit, la vie éternelle consiste à connaître Dieu et celui qui l’a envoyé, Jésus. La sagesse, comme je le disais tantôt, par la force de l’Esprit Saint, nous aide à entrer en profondeur dans la vraie connaissance de Dieu et dans l’application stricte ou sinon amoureuse pour nous, chrétiens, de la loi. Quand on connaît, on aime plus.
On se met à jouer. On prend une posture de service. On quitte son piédestal de supériorité pour se mettre au service de l’autre, comme l’a montré le roi Christ, grand serviteur.
Si le monde contemporain continue à publier de nouvelles chartes concernant le droit des enfants, des femmes, des handicapés, j’en passe, et à les appliquer de la même façon que les anciens codes, nous vivons encore, je pourrais le dire, dans l’Ancien Testament, et nous risquerons bien d’aboutir à beaucoup d’injustices sociales. Si la justice me demande de donner mon manteau, avec Jésus, osons donner aussi notre chemise. Si elle proclame haut et fort, œil pour œil, dent pour dent, pour nous, chrétiens, sachons pardonner.
Tout simplement. Si le code moral ou social nous interdit de prendre la femme du voisin, ou de prendre le monsieur de la voisine, la loi divine nous invite plutôt à surveiller nos désirs les plus profonds de notre cœur. En effet, pour être en sécurité, il suffirait juste au contemporain de Jésus de vérifier s’ils sont bons ou mauvais par rapport au commandement.
Mais Jésus nous dit, faites plus que ces commandements. Et le meilleur des commandements, le centre du cœur qui fait battre l’Église, qui l’envoie sans cesse en mission, c’est le commandement de l’amour. Aimer Dieu verticalement et aimer nos proches comme lui nous a aimés.
C’est ce commandement nouveau qui doit entraîner toute notre vie chrétienne. Chers amis dans la foi, si votre justice ne surpasse pas celle des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. Nous nous retrouvons tous dans une certaine insécurité, une certaine pauvreté.
Et c’est avec cette pauvreté de cœur, rappelons-nous cette pauvreté de cœur qui a été prêchée ici par le vicaire épiscopal territorial, le père Yves. C’est avec cette pauvreté de cœur que je vous invite à nous approcher maintenant de l’autel, à la rencontre d’une sécurité authentique qui n’est rien d’autre que l’amour du cœur aimant de Dieu qui s’appelle Jésus de Nazareth. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, Amen.