‘Heureux les pauvres de cœur’ : 4e dim TO A

  • Commentaires de la publication :0 commentaire

So 2, 3 ; 3, 12-13 ; Ps 145 (146), 7, 8, 9ab.10b ; 1 Co 1, 26-31 ; Mt 5, 1-12a
Homélie du 1er février 2026,
Par Père Yves GUERPILLON, Vicaire Episcopal Territorial Lyon EST

Frères et sœurs, nous avons entendu un évangile extraordinaire, que nous connaissons bien, l’évangile des Béatitudes, selon saint Matthieu, les Béatitudes.

Et vous avez entendu que le mot qui revient comme un refrain, c’est le mot heureux. Oui, la bonne nouvelle de ce jour, la bonne nouvelle de cet évangile, c’est que Dieu nous appelle à être heureux.

Nous sommes tous, frères et sœurs, appelés à être heureux.

Et ce n’est pas seulement nous qui sommes appelés à être heureux avec Dieu, c’est tous nos frères et sœurs en humanité, c’est les 45 000 habitants de votre ensemble paroissial, la paroisse de l’Alliance. Quel beau nom ! Oui, tous et toutes sont appelés à rentrer dans cette alliance entre Dieu et les hommes. Et donc, tous et toutes sont appelés à rentrer dans cette joie de Dieu. La joie de Dieu, c’est que chacun accueille l’amour de Dieu. C’est ça la joie de Dieu.

Alors oui, l’horizon de votre paroisse, comme toutes les paroisses, l’horizon de notre diocèse, comme tous les diocèses du monde entier, c’est la joie, la joie, la joie de Dieu, d’accueillir cet amour de Dieu pour tous, être heureux.

Oui, c’est possible, c’est possible d’être heureux. Et en fait, c’est même le secret de la vie avec Dieu.

Le secret du bonheur le plus profond, c’est cette communion que nous sommes invités à vivre avec Dieu, à ouvrir la porte de notre cœur auquel Jésus frappe. Jésus frappe à la porte de notre cœur et nous sommes invités à ouvrir notre cœur pour accueillir cet amour de Dieu qui va nous rendre heureux.

Alors ce matin, avec les principaux acteurs de votre paroisse, de l’Alliance, nous avons commencé à réfléchir à l’avenir de votre paroisse, à commencer à réfléchir à cette communauté mère du divin amour à laquelle appartient le Père Ferdinand et qui nous fait la joie d’animer cette messe aujourd’hui. Nous avons réfléchi aussi à quelles sont les attentes de la paroisse, quelles sont les joies, les espérances et aussi les inquiétudes pour notre communauté paroissiale. Parmi les inquiétudes sont sorties la difficulté de trouver de nouveaux bénévoles pour s’investir dans les différents services de la paroisse.

Voilà, nous sommes mis en chemin, en synode, nous marchons ensemble pour, à l’écoute de l’Esprit Saint, avancer.

Alors, dans ces béatitudes d’aujourd’hui, la porte d’entrée des béatitudes, c’est la première que nous avons entendue : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des cieux est à eux. ». Elle dit tout, cette béatitude.

Qu’est-ce que c’est qu’être un pauvre de cœur ? Un pauvre de cœur, c’est un petit peu comme ce que nous avons entendu dans la deuxième lecture, comme dit Saint Paul aux Corinthiens : « Frères et sœurs, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien, parmi vous, pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, pas de gens puissants, de hautes naissances. » Voilà, nous sommes des gens ordinaires, tous, les uns les autres. Et donc, les pauvres de cœur, ce sont ces personnes qui reconnaissent leur fragilité, leur pauvreté, leur petitesse, mais qui ont envie de vivre sous la conduite de l’Esprit Saint.

Les pauvres de cœur, si on prend la traduction littérale, ce sont les mendiants par l’Esprit. Qu’est-ce que fait un mendiant ? Un mendiant, il tend la main, il a besoin qu’on l’aide.

Heureux ceux qui tendent la main à l’Esprit Saint pour se laisser conduire par cet Esprit, par ce souffle de Dieu. Ce souffle de Dieu, si nous nous laissons conduire par l’Esprit Saint, frères et sœurs, les portes du Royaume des Cieux nous sont ouvertes. Nous avons vocation à rentrer dans ce Royaume de l’amour de Dieu.

Alors, oui, pour avancer, la feuille de route est simple. L’évêque nous l’a donnée il y a quelques années, Monseigneur de Germay, cap sur la mission. Cap sur la mission, c’est accepter d’être heureux comme des pauvres de cœur, accepter d’avancer sous la conduite de l’Esprit Saint.

C’est ça l’enjeu.

Alors, je voudrais vous donner simplement 5 caractéristiques de ces pauvres de cœur.

Ces pauvres de cœur, comment est-ce qu’ils vivent ? Quelles sont leurs 5 clés pour pouvoir avancer comme pauvres de cœur ?

La première clé, c’est que les pauvres de cœur sont des personnes qui prient.

Prier, bien sûr, c’est participer à l’Eucharistie du dimanche comme vous le faites maintenant, mais c’est aussi prier chaque jour, prendre un temps. Je suis très heureux de savoir que dans votre paroisse, il y a des temps d’adoration eucharistique.

C’est excellent pour pouvoir recevoir cet amour de Dieu, pour se laisser remplir par cet amour de Dieu. Oui, les pauvres de cœur sont d’abord des hommes et des femmes de prière qui prient ensemble, qui prient à la messe le dimanche, qui prient seuls, qui prient le chapelet, qui sont d’abord conscients qu’il faut se laisser remplir par l’amour de Dieu. Vous savez, qu’est-ce qu’on fait quand on adore devant le Saint-Sacrement ? Moi, je pense qu’on fait du bronzage.

On fait du bronzage pour notre âme. Voilà ce qu’on fait. En fait, c’est très agréable de faire du bronzage pour notre âme.

Quand on est devant le Saint-Sacrement exposé, on est en train de se laisser remplir d’amour, de se laisser aimer par Dieu. Et c’est indispensable pour avancer. Donc la première caractéristique des pauvres de cœur, c’est qu’ils prient.

Alors, frères et sœurs, n’oubliez pas la prière chaque jour.

Deuxième caractéristique de ces pauvres de cœur, c’est qu’ils se forment.

Ils se forment parce qu’ils ont bien compris que pour vivre en chrétien aujourd’hui, en 2026, il faut faire de la formation permanente.

Ça ne suffit pas d’avoir suivi le caté lorsqu’on avait 7 ans en CE1. Ça ne suffit pas. Vous voyez, on a besoin de formation permanente dans tous les domaines.

Et donc, vous, comme chrétien, comme paroissien, vous avez besoin de vous former à l’écoute de la parole de Dieu. J’ai vu que dans votre paroisse, il y a des temps de formation réguliers qui sont proposés pour comprendre le sens des sacrements, pour mieux connaître la profession de foi, le catéchisme de l’Église catholique. Tous ces temps sont essentiels de formation pour nous laisser façonner, former par la parole de Dieu, pour connaître l’évangile de la joie et savoir le trésor que nous avons à partager.

Troisièmement, il nous faut vivre la communion fraternelle.

Frères et sœurs, la fraternité, la communion fraternelle. C’était un des objectifs, le premier objectif qu’avait donné l’évêque dans sa lettre Cap sur la Mission.

Il avait dit, il faut faire grandir la communion, faire grandir la communion dans nos paroisses. C’est quoi grandir la communion ? Ça veut dire grandir l’amour fraternel, se respecter, s’apprécier, se connaître, communiquer. Bien sûr que pour faire grandir la communion, il faut faire grandir la communication, c’est sûr.

La communion, c’est aller à la rencontre de l’autre, accueillir les différences que nous portons, ne pas avoir peur de nos différences de sensibilité. Ce n’est pas un problème, c’est une richesse. Vous savez que l’Église, elle est catholique.

L’Église catholique, ça veut dire qu’elle est universelle. Universelle. Ça veut dire que notre Église, et c’est la chance de cette présence notamment du Père Ferdinand, et peut-être à l’avenir des membres de la communauté Mère du Divin Amour, et bien c’est de vous faire toucher du doigt la diversité de l’Église.

Oui, l’Église, elle n’est pas que française, européenne, elle est de tous les continents, de toutes les couleurs, de toutes les cultures. C’est ça la catholicité de l’Église. Et donc, vous êtes invité à vivre cette communion fraternelle.

La quatrième dimension, c’est la dimension du service.

Oui, la vérité d’une communauté paroissiale authentique, c’est le fait que nous nous servons les uns les autres. Que chacun met ses talents au service des autres, ses charismes. Les charismes, ce sont les dons que Dieu nous fait pour faire grandir la communauté chrétienne. Et donc, nous avons tous des charismes.

Il y en a certains qui ont le charisme pour lire. Votre curé, votre futur curé a le charisme pour chanter l’Évangile, c’est très beau. Il y a des personnes qui ont le charisme pour animer la messe, d’autres pour accueillir, prendre soin des enfants, faire le caté, aux ados, etc.

Tous ces services sont indispensables, frères et sœurs. Et nous avons besoin, vous avez besoin d’être des serviteurs, des servantes, de mettre vos talents au service de tous. Alors, n’hésitez pas à vous poser la question, pendant cette Eucharistie et au-delà, quels sont les talents que le Seigneur m’a donnés pour que je puisse les mettre au service des autres.

Et une des missions de vos pasteurs, c’est de repérer les talents que vous avez. Alors, je répète, vous avez au départ, les pauvres de cœur sont des hommes et des femmes de prière, pauvres de cœur sont des hommes et des femmes qui se forment à l’écoute de la parole de Dieu, les pauvres de cœur vivent la communion fraternelle, la charité fraternelle, les pauvres de cœur sont des hommes et des femmes de service, à l’écoute de leurs talents, de leurs compétences, pour les mettre au service des autres. Et puis, les pauvres de cœur, sous la conduite de l’Esprit Saint, sont des évangélisateurs.

Alors ça, c’est très important, parce que, cap sur la mission, cette fameuse lettre de notre évêque, 8 septembre 2021, vous pouvez la relire, j’ai vu qu’il y a beaucoup d’exemplaires qui sont disponibles, qui n’attendent que d’être pris pour être lus, cap sur la mission.

La cinquième dimension des pauvres de cœur, c’est que ce sont des hommes et des femmes qui annoncent l’évangile, qui annoncent la bonne nouvelle de la joie pour tous.

Alors, Frères et Sœurs, je vous invite, dans cette dynamique, à être à l’écoute des besoins de vos contemporains. Soyez à l’écoute des besoins des habitants de vos quartiers, de vos différents, des sept clochers, des différents villages où vous êtes.

Quels sont les besoins des habitants de nos quartiers ? Partons de ces besoins pour, à partir de la réponse à leurs besoins, pouvoir proposer une annonce de l’évangile adaptée à leurs besoins.

Par exemple, il y a deux ans, le Père Gaël avait eu cette idée, qui pour l’instant est en sommeil, mais qui n’est pas enterrée, l’idée peut-être d’un patronage du quartier d’Azieu. Voilà une idée intéressante, si elle répond à un besoin, s’il y a besoin, si les parents ont besoin pour leurs enfants d’un patronage, pourquoi pas, ce serait un projet magnifique dans votre paroisse.

Donc, Frères et Sœurs, je vous le redis, pour être heureux, pour être des pauvres de cœur à qui le Royaume des Cieux appartient, je vous invite vraiment

à être des hommes et des femmes de prière,

à être des hommes et des femmes qui sont à l’écoute de la parole de Dieu,

à être des hommes et des femmes qui sont des Frères et Sœurs qui vivent la communion fraternelle,

à être des hommes et des femmes de service, qui mettent leur talent au service de la communauté, et à être des hommes et des femmes qui ont le souci de sortir pour annoncer l’évangile,

parce qu’il y a des milliers et des milliers de gens autour de vous qui attendent de connaître la joie de l’évangile. Amen.