Nous ne dormirons pas : 1er Dimanche de l’Avent -A

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Is 2, 1-5 ; Ps 121 (122) ; Rm 13, 11-14a ; Mt 24, 37-44
Homélie du 30 novembre 2025,
Par Père Ferdinand SEBRE

Nous avons la joie aujourd’hui d’entrer dans ce merveilleux temps de l’Église qui est le temps de l’Avent. Et en ce temps de l’Avent, nous avons aussi la joie d’accueillir les enfants qui se préparent à la première communion ; donc je vais particulièrement m’adresser à eux. Mais à travers les enfants je m’adresse à tout le monde.

Nous commençons donc aujourd’hui le temps de l’Avent et c’est la raison pour laquelle nous avons quitté le vert pour prendre le violet qui signifie que nous sommes en attente et déjà nos rues ont commencé à être illuminées, des magasins ont commencé déjà à porter les lumières de Noël. Tout cela nous dit que notre société elle-même est en train de s’apprêter à célébrer quelque chose.

Mais que célébrons-nous ? Que signifient ces lumières dans nos rues, dans les magasins et autres ?

Pour certains le temps de l’Avent est un bon temps pour vendre et pour faire du bon commerce. Mais pour nous, chers amis, le temps de l’Avent n’est pas un temps pour faire du commerce mais c’est un temps pour nous préparer. Nous avons donc quatre semaines ou quatre dimanches pour nous préparer à recevoir le Christ qui vient.

Arrêtons-nous un peu aujourd’hui sur le thème de l’Avent. Alors, « Avent » chers amis, qu’est-ce que cela veut dire ?

Le thème Avent vient de la venue. Donc c’est un temps qui nous permet de nous préparer à la venue de notre Seigneur Jésus-Christ.

Alors si nous nous préparons à la venue de notre Seigneur Jésus-Christ, quelle doit être notre attitude ? Et c’est là que nous rejoignons ce que Jésus lui-même dit dans l’évangile. Et comme je sais que vous êtes de très grands théologiens, c’est donc avec vous que nous allons commenter cet évangile. Jésus dit au temps de Noé, les gens se mariaient, ils mangeaient, ils buvaient. En fait, ils menaient une vie ordinaire, jusqu’à ce que Noé entre dans l’arche et personne ne s’est douté de ce qui allait arriver. Ils ont continué à mener leur vie tranquillement et le déluge est arrivé et les a tous emportés.

Chers amis, le déluge nous fait penser à quoi ? Qu’est-ce que le déluge ? Est-ce que quelqu’un parmi mes théologiens sait ce que c’est que le déluge ?

Ceux qui préparent leur première communion…

Oui, c’est comme de la pluie, ça tombe fort et cette pluie justement, non, le déluge n’est pas la colère, c’est cette pluie qui est tombée et qui finalement a envahi tout sur son passage, si ce n’est que Noé et sa famille qui ont été épargnées parce qu’ils sont entrés dans l’arche et cela préfigure en fait le baptême. Le baptême qui va donc nous arracher à la mort et nous introduire à la vie de Dieu.

Pourquoi Jésus dit qu’au temps de Noé, on mangeait, on buvait ? Parce qu’aujourd’hui, comme au temps de Noé, on mange, on boit, on vit, mais on ne se doute pas que le Seigneur vient au milieu de nous.

Le thème de ce dimanche, c’est « soyez vigilants ».

Nous sommes donc invités à être vigilants durant ce temps de l’Avent. Nous sommes invités à être vigilants parce que quand on regarde notre monde et ce qui s’y passe, on se rend bien compte que nous vivons sans être vigilants.

Je vais donner juste deux petits exemples, ce n’est pas un exemple qui est joyeux, mais ça dit ce que ça veut dire :

Le 11 septembre, on sait ce qui s’est passé aux États-Unis. Les tours jumelles ont été frappées. Ceux qui étaient dans cette tour ne se doutaient pas le matin qu’une telle catastrophe allait advenir.

Comme au temps de Noé, on mangeait, on buvait, on vivait. Et voilà que cette chose est arrivée. Quand est arrivé aussi ce tsunami, personne ne se doutait de ce qui allait arriver.

Et ça nous est tombé dessus.

En fait, nous avons beau planifier notre vie, nous l’avons bien organisée, il y a toujours des choses qu’on ne peut jamais prévoir.

Et comme on ne peut jamais tout prévoir, le Seigneur nous invite à être vigilants, à vivre chaque instant comme le lieu où Dieu vient à notre rencontre.

Pour ce faire, trois attitudes nous permettront de pouvoir nous préparer à ce temps de l’Avent :

La première attitude qui nous est donnée pour vivre ce temps de l’Avent, c’est d’abord d’avoir un cœur qui soit en attente.

Vous voyez, dans nos rues, je le disais tout à l’heure, en fait, les gens se préparent aussi à Noël. Mais quel Noël les uns et les autres vont célébrer ?

Il y en a qui vont célébrer un Noël commercial. Et ça, mes amis, ça ne donne pas la vie.

Il y en a qui vont vivre un Noël historique. On a toujours fait comme ça. Ça ne donne pas la vie.

Mais ce Noël qui est l’avènement de Jésus dans l’histoire de notre humanité nous donnera la vie dans la mesure où nous allons ouvrir notre cœur pour l’accueillir. Alors, chers amis, la première attitude aujourd’hui, c’est d’ouvrir notre cœur à l’inattendu de Dieu. Ouvrons-nous à l’inattendu de Dieu. Ouvrons-nous à ce Dieu qui nous aime, à ce Dieu qui nous veut du bien. C’est la première attitude, nous ouvrir à lui.

La deuxième attitude, c’est être des hommes et des femmes qui entrent en relation avec celui qui vient pour ne pas manquer le rendez-vous. Et le premier lieu, c’est bel et bien la prière. Chers amis, Noël se prépare dans la prière. Nous avons allumé cette bougie. Nous aussi, dans nos maisons, prenons le temps de nous y préparer dans la prière et pourquoi pas prier en famille.

La troisième chose à laquelle nous sommes invités, nous la trouvons dans la première lecture que nous avons entendue, il nous faut travailler pour un monde de paix, un monde de justice. Car Noël, c’est finalement Dieu qui vient au milieu de nous pour établir la paix et cette paix, elle se travaille par nos mains, elle se travaille par chacun de nous.

Demandons donc au Seigneur en cette Eucharistie qu’il garde nos cœurs éveillés, que nous ne dormions pas.

Une chose qui est extraordinaire, ce sont les parents. Je vois mal un parent qui s’endormirait lorsque sa fille de 18 ans est allée à un bal et qui n’est pas encore rentrée alors que l’heure de retour était prévue pour 21h. A 21h05, si l’enfant n’est pas encore arrivé, certainement que vous allez l’appeler. J’imagine bien une mère qui serait en train de dormir si à 22h son enfant n’est toujours pas rentré. A 23h, là, on commence à paniquer. Minuit, c’est sûr que nous irons à la gendarmerie. Personne ne dort parce qu’on attend.

Chers amis, que nous aussi, nos cœurs soient en attente, que nous ne sommeillions pas, que nous ne dormions pas, parce que le Christ vient, lui qui est vivant aujourd’hui, demain et pour les siècles des siècles.

Amen.