Lève-toi et prends l’enfant et sa mère : Fête de la Sainte Famille A

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Si 3, 2-6.12-14 ; Ps 127 (128), 1-2, 3, 4-5 ; Col 3, 12-21 ; Mt 2, 13-15.19-23

Homélie du 28 décembre 2025, Par Père Ferdinand SEBRE

Bonne fête à toutes les familles, puisque nous célébrons aujourd’hui la Sainte Famille. En ce premier dimanche de Noël, l’Église vous invite à fêter la Sainte Famille de Nazareth, constituée de Jésus, Marie et Joseph. Elle nous est présentée comme le modèle de toutes les familles.

Il faut retenir que cette fête a été instituée en 1920. A l’époque, on s’inquiétait déjà de l’évolution de la famille. Avec les années, la situation est devenue de plus en plus cruciale.

Des couples qui se séparent, des enfants livrés à eux-mêmes, qui sombrent dans des situations difficiles, des familles qui vivent dans la misère. Et bien sûr, nous n’oublions pas les nombreuses victimes de violences et de haine des hommes. Bien avant la venue de Jésus, Ben Sira le Sage rappelle l’essentiel de notre vie. Son discours peut paraître moralisateur, mais en fait, c’est Dieu qui nous parle. Dieu veut que chaque famille soit heureuse et lui montre le chemin qui lui permettra de parvenir à une véritable harmonie. La réussite d’une authentique vie de famille ne s’obtient que par une lutte incessante contre l’égoïsme.

Au nom même de leur foi, les enfants ont le devoir d’honorer leurs parents, même quand ils sont très diminués. Plus tard, les chrétiens comprendront qu’à travers eux, c’est Dieu qui est là. Et le catéchisme de l’Église nous enseigne que les parents sont pour nous la présence de Dieu au cœur de notre monde.

Dans sa lettre aux Colossiens, Saint Paul nous appelle à vivre ensemble dans le Christ. Il nous expose la vertu qui favorise une belle vie de famille ; la tendresse, la bonté, l’humilité, la douceur, la patience, le pardon. Et par-dessus tout, qu’il y ait l’amour.

Tout cela ne serait vraiment possible que si nous laissons le Christ habiter en nous. En ce temps de Noël, nous fêtons la naissance de Jésus. Il veut naître aussi en nous pour transformer notre vie et la rendre de plus en plus conforme à son amour. Vivre Noël, c’est d’abord accueillir le Christ dans notre vie. L’Évangile que nous écoutons aujourd’hui nous montre une famille unie et solidaire autour de l’enfant Jésus qu’il faut protéger à tout prix.

Dans la nuit de Bethléem, elle dort du repos des justes. Mais, à Jérusalem, Hérode ne dort pas. Il cherche à faire périr l’enfant car il ne veut pas de rival. Face au danger, Marie et Joseph font ce que l’ange du Seigneur leur demande. Ils partent le plus loin possible pour protéger l’enfant. Ce qui est frappant dans cette famille, c’est que c’est une famille qui est toujours en chemin. Avant la naissance de Jésus, Marie fait un long trajet pour se rendre chez sa cousine Élisabeth. Puis, c’est le voyage de Nazareth vers Bethléem pour le recensement. Et aujourd’hui, l’Évangile nous dit qu’ils doivent fuir en Égypte pour échapper à la colère d’Hérode. Tout au long de sa vie, Jésus passera de village en village pour annoncer la bonne nouvelle.

Voilà la Sainte Famille. C’est dans sa capacité à se mettre en route qu’elle nous est présentée comme un modèle. Elle accepte de se laisser interpeller par les événements malgré les contrariétés, les épreuves ; elle fait toujours confiance à Dieu. C’est très important pour nos familles de la Terre. Elles aussi sont secouées, bousculées. Parents, grands-parents, enfants ne sont pas épargnés par les aléas de la vie. Chacun pense à tant d’événements qui leur font prendre des chemins inattendus. Comment ne pas penser à tous ces enfants dont la vie est menacée dans des pays en guerre, des pays où règne la famine. D’autres sont victimes de la violence et de la maltraitance. Et bien sûr, nous n’oublions pas tous ceux et toutes celles qui souffrent à cause de l’indifférence, du manque de soins, du manque d’amour et d’affection.

À travers tous ceux et toutes celles qui subissent ces douloureuses épreuves, c’est le Christ, l’enfant Jésus qui est là et qui attend notre amour. Le pape François ne cesse de nous rappeler qu’il est toujours du côté des plus petits et des plus pauvres. C’est ainsi qu’en venant dans notre monde, Jésus a voulu faire partie d’une famille humaine.

Il a connu des joies, des souffrances, des épreuves comme toutes les familles de la Terre. Mais plus tard, il nous dira qu’il fait partie de la grande famille de Dieu qui est Père, Fils et Esprit Saint. Et ce qui est encore plus extraordinaire, c’est qu’il est venu pour nous faire entrer dans cette grande famille de la Trinité.

Comme le disait le pape Jean-Paul II, « Il a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu. » Au cours de notre baptême, nous sommes devenus enfants de Dieu. Nous avons été immergés dans cet océan d’amour qui est en lui et nous avons été appelés à nous mettre en marche vers ce monde nouveau.

Jésus nous appelle pour le royaume des cieux. En ce dimanche où nous célébrons la Sainte Famille, détachons-nous de cette image de la Sainte Famille, une image que nous voyons à la crèche avec des guirlandes, cette image belle et qui pourrait nous faire penser que la Sainte Famille est une famille qui n’a pas connu d’épreuves. Elle est une famille sainte parce qu’elle a su interpréter chaque événement.

Elle a su se laisser déplacer par chaque événement dans l’idée d’accomplir la volonté de Dieu. Aujourd’hui, nous aussi, acceptons de nous laisser déplacer par les événements de notre vie, mais gardons en cœur l’espérance que nous marchons avec Dieu, que Dieu n’est pas absent des événements de notre vie. Même si ces événements sont douloureux, Dieu marche avec nous, il est l’Emmanuel avec nous pour se faire aussi sauveur.

Prions donc en cette Eucharistie, que la Sainte Famille nous obtienne la grâce, nous aussi, de persévérer envers et contre tout, et que la grâce de Dieu fasse de nos familles les Saintes Familles en devenir aujourd’hui, demain et pour les siècles des siècles.

Amen.