L’amour de ta maison fera mon tourment : 32e TO année B

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32e dim TO Année B
Ez 47, 1-2.8-9.12 ; Ps 45 (46), 2-3, 5-6, 8-9a.10a ; 1 Co 3, 9c-11.16-17
Homélie du 09 novembre 2025,
par Père Ferdinand SEBRE

Nous célébrons aujourd’hui la dédicace de la Basilique du Latran. Ce matin, en célébrant cette dédicace, je voudrais vous proposer trois petites pistes de réflexion. La première, ce serait de situer le contexte de ce qui nous rassemble ici aujourd’hui, la dédicace de la Basilique du Latran en fera un bref historique.

Dans un deuxième temps, nous allons regarder ce que représente une église, un temple, pour une société. Et puis, le troisième point, ce serait pour nous de tirer quelques conséquences du fait que l’église, c’est vous et c’est moi. Voilà les trois pistes que je vous propose ce matin pour notre petite réflexion.

Commençons donc par le bref historique de cette dédicace de la Basilique du Latran. Disons d’entrée que pendant des siècles, l’église n’était pas construite, si bien que les chrétiens se retrouvaient dans des maisons pour célébrer l’Eucharistie et se retrouvaient dans les catacombes pour célébrer l’Eucharistie. C’est beaucoup plus tard que cette église qui était persécutée va sortir de la clandestinité pour venir au grand jour grâce à Constantin.

En effet, Constantin, le 28 octobre 312, entra de façon triomphale dans la ville de Rome, remportant ainsi la victoire sur son ennemi Maxence. Dès lors, il est reconnu comme l’Empereur de Rome et il tire l’église désormais de sa clandestinité pour en faire réellement une église pour tous. Alors il va construire huit basiliques, dont quatre à Rome.

Et la première, c’est bel et bien la basilique de Latran, qui est la cathédrale de l’évêque de Rome, que vous connaissez tous, puisque vous savez que l’évêque de Rome, c’est bel et bien… Oh là, je n’ai rien entendu. C’est bel et bien Léon, le pape Léon, qui est donc l’évêque de Rome. Donc, à partir d’elle, toutes les autres églises s’agrègent à elle.

C’est pourquoi elle est appelée la mère de toutes les églises. Aujourd’hui, normalement, c’est le 32e dimanche du temps ordinaire, mais parce qu’il y a cette dédicace le 9, nous laissons la lecture du 32e dimanche pour prendre les textes, justement, de la dédicace de cette basilique-là. Donc voilà un peu ce qui fait qu’aujourd’hui, nous avons pris les textes de la dédicace et pourquoi je suis en blanc au lieu d’être en vert.

Ça va jusque-là. Deuxième point, que représente l’église dans la cité ? En France, c’est une belle figure qui nous est montrée dans presque toutes nos villes. Le bâtiment le plus haut, c’est l’église. Elle pourrait rappeler aux hommes et aux femmes de notre temps que notre vivre-ensemble ne se limite pas à une relation transversale, mais qu’il comporte aussi une dimension de verticalité.

Les églises sont là pour nous dire, n’oublions pas que notre vie, même si elle se passe sur la terre, cette vie-là doit converger vers le ciel. Le clocher ou les clochers nous rappellent notre destination future. Nous n’avons pas seulement à vivre dans la relation les uns avec les autres ; cette relation doit aussi nous permettre de vivre cette verticalité, c’est-à-dire de nous tendre vers le Seigneur.

L’église, qu’est-ce que c’est ? C’est la présence de Dieu au cœur de la société. Bien souvent, nous avons pensé que Dieu était absent des réalités de notre société et certaines têtes bien pensantes ont même prophétisé en disant que le XIXe siècle ne s’achèvera pas, que l’église aura fermé ses portes. C’est vrai qu’aujourd’hui nous ne sommes pas aussi nombreux que nous l’étions à une certaine époque, mais nous sommes toujours là.

Et les statistiques montrent que de plus en plus de catéchumènes aujourd’hui se font baptiser. L’église n’est pas morte, l’église vit, l’église revit, et tout cela nous dit que Dieu n’est pas absent de nos réalités. Dieu est bel et bien présent au cœur de la société, même si l’homme veut les vaincre, Dieu est toujours là.

Et pourquoi Dieu est-il toujours là ? Parce qu’il porte pour chacun de nous un amour indéfectible. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, cela ne l’empêche pas de nous aimer. Et comme il nous aime, peu importe que nous lui répondions par un « oui » ou par un « non », il est toujours là.

Alors oui, l’église est là pour nous dire l’amour de Dieu, la présence de Dieu. L’église est aussi là pour témoigner que Dieu est présent dans toutes les réalités de l’homme. Il est présent dans nos vies quand tout va bien, mais il est aussi présent quand les choses vont mal.

Il est présent pour nous apporter le salut, il est présent pour nous soutenir, il est présent pour nous accompagner. Non, Dieu n’est pas absent, et nos différentes églises sont là pour témoigner de la proximité de Dieu, pour témoigner de la présence de Dieu. Quelles conclusions ou quelles conséquences pouvons-nous tirer de cette présence de Dieu au cœur de la cité ? Je disais, l’église c’est vous et c’est moi.

Saint Paul nous dit que nous sommes le sanctuaire de Dieu, parce que dans l’église, Dieu est présent. Et vous aussi, par votre baptême, l’Esprit Saint habite en vous, c’est ce que dit Saint Paul. Et donc nous sommes le sanctuaire de Dieu, parce que l’Esprit de Dieu habite en chacun de nous.

Une chose est frappante, c’est lorsqu’on part visiter les églises, et c’est vraiment ici que j’ai découvert cela, je vois les gens s’émerveiller devant les bâtiments, ça c’est une église du XIIème, les vitraux sont magnifiques, et puis les commentaires vont bon train, c’est magnifique. Mais quelle que soit la beauté de ces églises, elles ne valent en rien la beauté des églises que vous et moi nous sommes. Nous sommes plus éclatants que toutes les basiliques réunies, parce que nous avons été faits à l’image et à la ressemblance de Dieu.

Nous sommes une part de Dieu, et puisque nous sommes une part de Dieu, nous sommes appelés à refléter ce que Dieu lui-même est. Quelles conséquences pouvons-nous tirer du fait que nous sommes le temple de Dieu ? Mais dans l’évangile, nous trouvons que dans ce temple, il y en a qui ont fait de ce temple-là un véritable marché. Peut-être que dans nos vies aussi, la présence de Dieu n’est pas respectée, et que dans nos vies, nous avons fait de ce sanctuaire qui est notre être intérieur, nous avons fait le lieu d’un véritable marchandage, le lieu d’un véritable marché, au point que Dieu n’est pas respecté en nous.

Cette fête a pour but de nous rappeler que vous et moi, par notre baptême, nous portons Dieu. Nous sommes devenus des théophores et même des christophores, en ce sens que nous portons Dieu. Et les Eucharisties sont là pour nous dire que nous recevons Dieu pour que nous puissions le porter aux hommes et aux femmes de notre temps.

Je termine en rappelant aux fiancées qui sont là. Tout à l’heure, je disais que la messe ne finit pas, mais elle se continue en ce sens que nous sommes envoyés en mission. Justement, dans l’Eucharistie que nous recevons, Dieu nous envoie pour être présence de son amour au cœur de notre monde.

L’Eglise accompagne toute la réalité humaine, toute la réalité de notre société, et c’est vous et moi qui accompagnons cette réalité-là. Alors que cet Eucharistie nous donne la force d’être des témoins de son amour, que cet Eucharistie nous donne la force de dire l’amour indéfectible de Dieu à temps et à contre-temps, parce que le Dieu qui nous rassemble ici en ce matin n’est pas le Dieu des morts, il est le Dieu des vivants, et avec lui nous sommes vivants aujourd’hui, demain, et pour les siècles des siècles. Amen.