Croire, au sein de l’Église (en la fête des saints Pierre et Paul)

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Ac 12, 1-11 ; ps 33 ; 2 Tm 4, 6-8.17-18 ; Mt 16, 13-19
Homélie du 29 juin 2025,
en la solennité des saints Pierre et Paul.
par l’abbé Gaël de Breuvand

C’est la transcription d’un prédication orale… les titres sont ajoutés après relecture…

I-Acte de Foi, joie de Dieu

« Pour vous qui suis-Je ? » C’est une question qui s’adresse aux disciples, une question qui s’adresse à Pierre, c’est une question qui s’adresse à chacun de nous : « Pour vous, qui suis-Je ? » Y’a-t-il une bonne réponse ? Notre culture actuelle nous dira : ‘non, chacun répond selon son cœur…’ Et ce n’est pas absolument faux. Mais notre cœur a cette capacité d’accueillir l’Esprit Saint, donc il y a une bonne réponse qui est celle que donne Pierre. « Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant », Tu es l’Envoyé, le Messie, Celui qui a été choisi par Dieu. Tu es le Christ, Fils du Dieu Vivant. Il y a un lien entre Toi et Dieu, un lien tout particulier, celui de la filiation. Pierre n’est pas capable de méditer, de faire cette théologie sur la Sainte Trinité comme nous l’avons fait ces derniers dimanches, mais il perçoit que Jésus est Dieu présent au milieu de nous. Et en donnant cette bonne réponse, « Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant », il s’attire une réaction de Jésus que l’on entend : « Heureux es-tu, fils de Yonas, ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela mais Mon Père qui est aux cieux. » Jésus est dans la joie car Pierre a fait profession de foi et que cette profession de foi est un fruit de l’Esprit Saint. C’est le Père qui a implanté dans le cœur de Pierre cette foi. Et lorsque Pierre déploie cette foi, l’action de Dieu s’accomplit donc c’est la joie du Christ. Nous pourrons y penser tout à l’heure en proclamant le credo, en proclamant : Je crois en Dieu, le Père, le Fils et l’Esprit Saint, Je crois en Dieu qui est tout amour et vient habiter au milieu des hommes. C’est cela le Credo : Nous donnons de la joie au ciel. Il s’agit de faire comme Pierre d’accueillir en nous le don de l’Esprit Saint d’accueillir en nous ce travail dans notre cœur que l’Esprit Saint veut accomplir.

II – La Foi,

On constate que c’est encore sur la parole de Jésus, « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai Mon Église » que Jésus fonde l’Église. Il le dit, l’explicite, Il veut créer une Église, une « Ecclesia », autrement dit une assemblée, de ceux qui sont appelés, Il veut créer cette Église qu’Il fonde sur la foi de Pierre, sur cette foi exprimée en cette petite parole « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » sur cette disposition du cœur, la confiance à Jésus Lui-même.

La foi, c’est d’abord un don de de Dieu, la connexion qu’Il établit entre Lui et nous. Ce don qui nous est fait de manière stable et définitive au jour de notre baptême, ce don qu’Il peut nous faire même en dehors du baptême. La foi est aussi, de notre côté, une réponse à un appel : « Écoute, ton Dieu t’appelle, Viens, suis-Moi. » Nous voulons répondre en suivant, nous faisons confiance à Celui qui nous appelle, à une personne, Jésus. La foi n’est pas d’abord l’adhésion à un corpus doctrinal, elle est d’abord une confiance en une personne. Mais si elle n’est pas d’abord une adhésion à un corpus doctrinal, elle est aussi une adhésion à un enseignement, celui de Jésus Lui-même qu’Il nous transmet par l’Église par des moyens pauvres, faibles, des moyens humains. On les connaît, ceux qui ont rédigé la Patole de Dieu, la vie de Jésus, ne sont pas très remarquables, ils ont tous trahi, abandonné Jésus, tous autant qu’ils sont… Et pourtant, c’est par eux que le Christ a choisi de se faire connaître à nous. Il y a aussi un art de vivre chrétien qui est en connexion avec cette amitié que nous sommes amenés à tisser avec Jésus. Il nous le dit : « Je ne vous appelle pas serviteurs, Je vous appelle Mes amis ». En effet, dans une relation d‘amour, d’amitié, on essaie de s’ajuster à Celui qu’on aime.

III- Catholique au sein de l’Église

De tout ce que je viens de dire, on peut le dire, la hiérarchie, le pape, les évêques, sont eux-mêmes un cadeau de Dieu. Un don de l’Esprit, cette Église enseignante, ces évêques qui ont reçu l’Esprit-Saint pour enseigner au nom du Christ, pour donner les sacrements au nom du Christ, pour nous conduire au nom du Christ. Jésus veille sur son Église. « La puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle. » Il y a bien des pécheurs dans l’Église, y compris des évêques et des papes – ne parlons même pas de nous – il y a bien des pécheurs mais le Christ est là, Il garantit à l’Église que, sur l’essentiel, elle ne peut pas se tromper.

Finalement, quand on se penche sur cette page de la parole de Dieu, on peut se poser cette question « Et moi, qu’est-ce qui fait que je suis catholique ? » La question est pour moi, elle n’est pas pour les autres… La question ce n’est pas est-ce que les autres sont catholiques ? Cela ne me regarde pas. Le problème c’est moi ! Est-ce que je peux dire « En vérité, je suis catholique » ? Que faut-il ? Pour cela, il faut d’abord être chrétien, c’est peut-être d’abord la condition nécessaire. Autrement dit, vouloir être un disciple du Christ. Disciple, c’est celui qui écoute, qui a les oreilles ouvertes et le cœur ouvert pour accueillir une Parole qui nous dépasse, qui change notre vie, qui nous bouscule. Quand on est un peu trop dans le confort, Jésus nous bouscule. Un peu comme Pierre. J’étais touché par ce geste : l’ange du Seigneur vient voir Pierre dans sa cellule et « le réveille en le frappant au côté ». Jésus, l’Esprit Saint, l’ange ici, bouscule Pierre : « Allez, lève-toi ».

Il faut donc être chrétien, il faut vouloir le vivre, vouloir suivre le Christ. Et pour pouvoir être catholique, il faut vouloir suivre le Christ selon les moyens que donne l’Église. Nous les connaissons, ce sont Ses plus beaux cadeaux : d’abord Sa Parole, cette parole de Dieu écrite, proclamée, méditée, en Église, en communauté, avec l’interprétation qui est donnée, assistée, soutenue par le magistère, par l’Église, par l’enseignement des papes et des évêques. Il faut vouloir suivre le Christ par les moyens que donne l’Église, ce sont les sacrements, le baptême, évidemment, le sacrement de réconciliation, le sacrement de l’Eucharistie, ce sont des sacrements qui n’en font qu’un puisque c’est tout simplement accueillir au quotidien l’amour de Dieu dans nos vies. Les moyens que nous donne l’Église c’est une vie en communauté, une vie dans la cité, qui se doit d’être celle de Dieu, qui ne s’ajuste pas aux valeurs du monde mais choisit de laisser en premier la seule qui compte c’est l’amour ; et, vous le savez bien, aimer c’est fatigant. Cela nous comble mais c’est parfois un peu dur.

Quand on se pose la question ‘est-ce que je suis catholique’ ‘est-que je veux être chrétien’, ‘être un vrai disciple du Christ ?’ cela nous permet de nous engager sur un chemin : cela ne garantit pas d’y arriver toujours… Mais en fait, est-ce que je veux l’être, et ce, par les moyens que me propose l’Église, qui sont des moyens sûrs, qui sont des moyens vrais ? Être chrétien, être catholique, c’est accepter de ne pas être son propre maître, et accepter de dépendre d’un seul en qui nous pouvons avoir toujours confiance : Jésus.