
Homélie du 14e dimanche du Temps Ordinaire, Année C,
Is 66, 10-14c ; ps 65 ; Ga 6, 14-18 ; Lc 10, 1-12.17-20
le dimanche 6 juillet 2025,
en la fête paroissiale
Par l’abbé Gaël de Breuvand
Il s’agit de la transcription d’une prédication orale. Les titres sont ajoutés après transcription.
Ils se trouve que les lectures d’aujourd’hui vont très bien avec les événements que nous vivons dans notre communauté. L’entrée en catéchuménat de Charlène et Sébastien, la première communion d’un certain nombre d’entre nous dont une bonne partie vient de recevoir la grâce de la confirmation. Quand on veut vivre le baptême, lorsque l’on veut vivre les sacrements, – c’est vrai pour chacun d’entre nous car dans quelques instants, nous allons vivre une communion -, chaque fois donc que nous voulons vivre un sacrement, chaque fois que nous communions, nous communions d’abord au Christ. C’est Lui ! Lui qui nous appelle ; Lui qui nous sauve ; Lui qui vient à nous se faire connaître pour que nous puissions établir un lien solide avec lui.
I- Se laisser consoler
Chaque fois que nous voulons vivre un sacrement, chaque fois que nous communions, nous sommes appelés à nous laisser consoler. C’était la première lecture. « Vous serez nourris, portés sur la hanche. Vous serez choyés sur ses genoux. Comme un enfant que sa mère console, ainsi, je vous consolerai ». Ce texte du prophète Isaïe (du 3e Isaïe, on est au chapitre 66 ; c’est la fin du livre d’Isaïe). Isaïe écrit dans des périodes compliquées. On a besoin de paroles d’espérance quand rien ne va. C’est une parole qui va bien pour aujourd’hui. On ne peut pas dire que notre monde aille bien ; Alors écoutons le Seigneur, qui nous parle. « Vous serez nourris, portés sur la hanche. Vous serez choyés sur ses genoux. Comme un enfant que sa mère console, ainsi, je vous consolerai ». Le Seigneur vient à nous ; Il veut nous consoler. Chaque fois que nous vivons un sacrement, – Vous qui avancez vers le baptême, vous qui avancez vers le Première communion, pour toutes les communions que nous vivons -, c’est la consolation de Dieu qui nous est donnée. Alors il s’agit d’abord de l’accueillir.
II- être uni à la Croix
Quand on communie au Christ, lorsque l’on accueille un sacrement, nous accueillons aussi la Croix. « Pour moi, que la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ reste notre seule fierté ». C’est ce que nous dit saint Paul dans la lettre aux Galates. Ce qui nous sauve, ce ne sont pas nos exercices ou nos actes bons, car nous sommes un peu nuls de ce point de vue-là. Ce qui nous sauve, c’est Jésus. Jésus qui s’est offert au Père dans un acte d’offrande parfaite. C’est Jésus qui nous sauve. C’est pour cela que saint Paul ne se vante pas, ici, de l’Évangile qu’il a répandu, des maltraitances qu’il a reçues… La seule chose qui compte, la seule chose qu’il emportera au Paradis, c’est la Croix du Christ. Quand nous accueillons le baptême, l’Eucharistie ou la Confirmation, nous accueillons le Christ ; et nous accueillons le Christ crucifié. Et nous sommes invités à nous laisser crucifier avec Lui. Drôle d’idée ? Non. Nous ne sommes pas masochistes, mais nous croyons que c’est avec le Christ que nous trouverons le plus grand bonheur et la plus grande joie. Oui, laissons-nous connecter à la mort du Christ, à sa Croix, parce que cette Croix, cette mort du Christ, elle implique la résurrection. En fait, on a l’habitude de la parler de la passion, de la mort et de la résurrection du Christ. Il faudrait inventer un nouveau mot : « morrésurrection ». On attache tout cela. « Morrésurrection » du Christ, car c’est cela qui nous sauve. Et lorsque nous vivons la messe, c’est la « morrrésurrection » du Christ qui nous est rendue présente.
III- Aimés de Dieu
Lorsque nous voulons vivre les sacrements et particulièrement le baptême, s’accomplit cette parole de Jésus : « Réjouissez-vous car vos noms se trouvent inscrits dans les cieux ». Dans le parcours qui vous sépare du baptême, il y aura l’appel décisif. C’est au début du carême. On vous appelle pour inscrire dans les registres de l’Église le nom de ceux qui seront baptisés à Pâques. Votre nom. Car vous êtes connus. Vous êtes connus parfaitement. Et vous êtes connus par votre nom. Ce nom que vos parents vous ont donné, – ils ont collaborés à l’œuvre de Dieu pour cela -, vous êtes connus et aimés. Quand nous voulons vivre un sacrement, rappelons-nous que Dieu nous connaît parfaitement. L’amour de Dieu est inconditionnel. Il nous aime, quoique nous ayons faits. Il n’aime pas forcément ce que l’on fait. Mais il nous aime nous ! Il nous propose toujours de nous relever, d’avancer vers Lui. De nous laisser aimer. En nous disant cela, Jésus nous garantit une chose : « Réjouissez-vous car vos noms se trouvent inscrits dans les cieux ». La victoire est déjà obtenue. Notre place est déjà prévue au Ciel. Nous sommes déjà dans le cœur de Dieu. Il s’agit juste de notre côté de répondre à cet appel, de vouloir occuper cette place.
IV- Envoyés !
Tout à l’heure, je parlais d’une fin de cycle, je parlais d’une fin d’année. Mais en fait, quand on réfléchit un peu à ce que sont les sacrements, – et souvent, cela vient à la fin d’une période, à la fin du caté, à la fin d’un parcours de confirmation et de communion, à la fin de plusieurs année de préparation baptême -, vous le savez, c’est d’abord un commencement. C’est vrai à chaque messe ; chaque fois que nous communions, c’est un commencement. Nous avons accueilli Dieu dans notre vie, pour pouvoir rayonner de son Amour ; C’est le cœur de l’Evangile d’aujourd’hui. « Le Seigneur en désigna soixante-douze et les envoya deux par deux, an avant Lui ! » Pour quoi faire ? Pour annoncer le Royaume. Nous sommes près de 300 dans cette église, – pardon pour ceux qui sont debout -, 300 à être envoyés, aujourd’hui, en mission. Il s’agit d’annoncer cette Bonne nouvelle : Dieu nous aime. Dieu aime chaque homme qui existe sur cette terre. Dieu nous aime tous et chacun, même si nous ne le méritons pas. Et il n’est jamais trop tard pour se laisser aimer par Dieu. Je n’ai pas vu Pierrot. Pierrot a été baptisé la semaine dernière, et il a 90 ans. Vous le féliciterez quand même ! Tout est possible ; L’amour de Dieu est absolument gratuit. Oui, le Seigneur « nous envoie comme des agneaux au milieu des loups ». Nous sommes bien désarmés. Les règles du monde nous dépassent absolument. Mais nous savons une chose : si nous écoutons et faisons ce que nous demande le Seigneur : la victoire est obtenue. Ce ne sera pas confortable, ce ne sera pas paisible. Le Seigneur ne nous promet nulle part qu’être chrétien est une assurance tous risques. Les épreuves, nous les auront. Elles seront peut-être même pires. Mais le Seigneur est avec nous et Il ne nous abandonne pas. C’est cela, l’espérance ! Après l’exil, dans les années 530, et le peuple juif est revenu sur sa terre. On pourrait penser que ça y est, tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais voilà, qu’une fois rentrés au pays, on commence à se disputer entre nous, et la situation s’empire. On connaît cela… Et le Seigneur nous dit : « Réjouissez-vous avec Jérusalem ! » à un moment où l’on a pas du tout envie de se réjouir. Parce que le Seigneur a déjà obtenu la victoire.
Je conclue avec cet appel : nous arrivons à la fin d’un cycle, à la fin d’une semaine, d’une année… mais c’est pour mieux être envoyés : nous avons un cadeau immense à donner. Ce cadeau, c’est Jésus lui-même. Il y a trois types de cadeaux, de dons que l’on peut faire. Si je vous donne un cadeau matériel, je vous donne mon téléphone. Il se trouve que vous aurez gagné un téléphone, et moi, j’aurai perdu un téléphone. Il y a un autre type de don, ce sont les dons intellectuels. Si je vous apprends l’anglais, après, vous saurez l’anglais, et moi je saurai toujours l’anglais. Donc je n’aurai rien perdu et vous aurez gagné quelque chose. Et puis il y a les dons spirituels. L’Amour. C’est fatigant. On n’a pas toujours envie de s’y mettre. Et pourtant, lorsque je donne l’Amour, lorsque je donne un don spirituel, vous y gagnez forcément, et moi j’y gagne aussi. Alors ces dons spirituels, il s’agit de les donner : Il s’agit de donner Jésus au monde, parce que notre monde en a beaucoup besoin.