Pentecôte ! le don de l’Esprit

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Homélie de la Pentecôte, année C, 8 juin 2025
Par l’abbé Gaël de Breuvand
Il s’agit de la transcription d’une prédication orale. Les titres sont ajoutés après transcription.

I – le don de la Loi

Aujourd’hui, un jour de joie, un grand jour de joie puisque c’est la fête de Pentecôte. Et comme nous le signifiait la première lecture, Pentecôte signifie 50 jours, 50 jours après Pâques. Alors vous vous en souvenez certainement, 50 jours après la Pâque, après la libération d’Égypte, après le franchissement de la Mer rouge, les Hébreux étaient arrivés au Mont Sinaï. Moïse était monté sur la montagne ; il avait rencontré Dieu. Et Dieu avait donné une loi inscrite sur des tables de pierre. C’était la fête de Chavouot, célébrée par les juifs pendant 1200 ans et encore aujourd’hui. C’était il y a quelques jours. Et Jésus, 50 jours après sa mort et sa résurrection, 10 jours après son départ vers le Ciel, fait don d’une loi nouvelle. Et cette loi nouvelle, c’est l’Esprit Saint. Cette loi nouvelle, elle n’est pas inscrite sur des tables de pierre ; cette loi nouvelle, elle est comme gravée sur nos cœurs de chair. Voilà l’accomplissement de la promesse de Dieu. Voilà l’accomplissement de tout le récit biblique, de toute l’histoire de Dieu avec les hommes. Dieu veut venir habiter au milieu de nous et mieux que cela, Il veut habiter en nous.

II – Qui est l’Esprit-Saint ?

Aujourd’hui, c’est le don de l’Esprit Saint, – on pourrait l’appeler « l’Esprit saint, cet inconnu » – : Autant le Père, nous en avons une idée et on perçoit cde que cela signifie. On sait bien que Dieu Père dépasse tout ce que l’on peut imaginer ; Il est le Père par excellence, bien meilleur que tous les papas du monde… Père. Dieu est Père. Cela, on l’entend bien. Dieu Jésus. Dieu est Fils. Jésus, nous avons suffisamment de témoins qui l’ont rencontré, qui l’ont vu, qui l’ont touché, qui l’ont entendu. Nous avons une relation directe avec Lui. Donc le Fils, là aussi, on le conçoit assez bien. C’est même d’ailleurs celui que l’on conçoit le mieux. La question des disciples : “Montre-nous le Père !”. Et la réponse de Jésus : “Qui m’a vu a vu le Père !”. Jésus, le Fils. Et puis l’Esprit Saint. Il est le grand inconnu parce qu’il n’est pas très palpable. On voit bien dans l’Histoire du développement du dogme, de la doctrine chrétienne, que les questions sur le Père ont été résolues assez vite. Les questions sur le Fils ; il a fallu plus de temps. L’essentiel est accompli en 325 lors du Concile de Nicée, il y a juste 1700 ans. L’Église s’est réunie en concile et a décrété solennellement quelque chose que l’on savait déjà mais il fallait que l’on se le dise tous ensemble : Jésus est le Fils, le Verbe de Dieu, et consubstantiel au Père. “Le Père et Moi, nous sommes un”. C’est ce que veut dire ce mot consubstantiel.

Mais nous n’avions pas encore répondu à la question : “qui est l’Esprit Saint ?” Certains se sont dit qu’il s’agissait juste d’une force dépendante du Père et du Fils. En fait, la doctrine chrétienne va creuser, on va relire ce que dit Jésus. On va relire et on va prier. On va finir par se réunir au Concile de Constantinople en 381 pour dire que cet Esprit-Saint, Il est une personne. Qu’Il est Dieu tout entier, comme le Père est Dieu tout entier. Le Fils est Dieu tout entier. L’Esprit-Saint est Dieu tout entier. Et donc c’est quelqu’un. L’Esprit-Saint est un quelqu’un. On peut le prier, on peut l’écouter, on peut lui parler. Alors que fait l’Esprit-Saint ? Dans notre conception, on voit bien le Père qui crée, “Je crois en Dieu le père tout-puissant, créateur du Ciel et de la terre”, on voit bien le Fils qui sauve, “Il est venu pour notre salut”. Et l’Esprit saint, que fait-il ? Il sanctifie. Autrement dit, qu’il rend semblable à Dieu. En fait, ce que Dieu veut pour nous, “Dieu crée l’Homme à son image ; à son image, il le créa”, mais Dieu nous a créé pour l’image et pour la ressemblance. Et cette ressemblance, comment est-ce que l’on va pouvoir l’obtenir ? En accueillant l’Esprit-Saint dans nos vies. C’est cela être sanctifié. C’est se mettre à ressembler à Dieu. Et l’Esprit-Saint, pour cela, Il intervient. Il travaille. L’Esprit Saint, c’est la fin du Credo. “Je crois en l’Esprit Saint”. Je crois en cette personne qui est Dieu et qui vient habiter mon cœur. Et qui vient sur le monde aujourd’hui en cette fête de Pentecôte comme une tempête d’amour. Et qu’est-ce que fait l’Esprit Saint ? Eh bien c’est la suite du Credo. “Je crois à l’Église catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle”.

III – L’Esprit-Saint, source de la hiérarchie

Voilà ce que fait l’Esprit-Saint. Il réalise l’Église catholique. Autrement dit, Il fait de nous des membres du Corps du Christ. Il est comme le sang qui coulerait dans le corps qu’est l’Église. Ou l’influx nerveux. L’Esprit-Saint, c’est celui qui réalise la Communion des saints, qui fait de nous un seul corps. C’est encore une action de l’Esprit-Saint que d’organiser la hiérarchie de l’Eglise. C’est Lui qui appelle ‘Robert-François’ à devenir pape. C’est Lui qui appelle Olivier pour répondre à son appel à devenir évêque. C’est Lui qui nous appelle à occuper pleinement notre place de chrétien. Et c’est Lui qui nous donne cette capacité-là. Aujourd’hui, vous le savez, 11 d’entre nous vont recevoir le don de l’Esprit-Saint par la Confirmation. C’est le Christ qui les a appelés en leur donnant l’Esprit-Saint. Et aujourd’hui, Il leur donne d’une manière particulière, exceptionnelle, cet Esprit pour que Dieu lui-même habite en leurs cœurs, pour qu’ils débordent de l’Amour de Dieu. L’Esprit-Saint, c’est aussi la rémission des péchés. Hier soir, nous avions une veillée dans cette église. Une veillée pour ouvrir nos cœurs, pour appeler l’Esprit-Saint. Un certain nombre d’entre nous se sont confessés, ont accueilli le pardon de Dieu. Dieu pardonne. C’est un absolu. Et le pardon se réalise par l’accueil de l’Esprit-Saint, cette rencontre entre Dieu et nous. Chaque fois que nous allons nous confesser, nous ouvrons la porte à l’Esprit-Saint pour qu’il puisse faire son œuvre de miséricorde. Résurrection de la chair. C’est aussi une œuvre de l’Esprit-Saint. Alors pas pour tout de suite. Mais demain certainement. Et si ce n’est pas demain, ce sera après-demain. Et la vie éternelle… Oui, parce que lorsque nous sommes plongés, par le baptême, remplis d’Esprit-Saint, nous entrons dans cette danse d’Amour de Dieu. C’est cela la vie éternelle. La vie éternelle, c’est de se laisser aimer par Dieu. Et de l’aimer en retour. Cet Amour, nous n’en sommes pas vraiment capables, alors c’est l’Esprit Saint, qui, en nos cœurs, crie : “Abba, Père !”. C’est saint Paul qui nous disait cela tout-à-l’heure. Alors aujourd’hui, Pentecôte, c’est l’occasion pour tous ceux qui sont baptisés, pour tous ceux qui sont confirmés, d’ouvrir à nouveau notre cœur pour laisser l’Esprit Saint déployer sa puissance en nous. C’est l’occasion pour ceux qui ne seraient pas confirmés de se reposer la question : “Ne serait-ce pas cette année qu’il faudrait que je me lance pour accueillir ce don ?”. Pour ceux qui ne sont pas encore baptisés. Il en va de même. Le Seigneur appelle. Il vous donne déjà cet Esprit Saint pour que vous vous mettiez en route, que vous accueillez ce don, son Amour, sa vie.

IV – La paix, don de l’Esprit

Un tout dernier point : dans le livre de la Genèse, nous avons l’événement de la tour de Babel. Les hommes qui parlent tous la même langue se réunissent et se disent : “Nous allons construire une tour qui montera jusqu’au ciel”. Ce qui sous-entend : qui fera concurrence à Dieu ! L’orgueil de l’Homme qui est capable de construire des choses magnifiques mais pour des objectifs un peu tordus. Et vous savez ce qui se passe ? C’est que Dieu, voulant notre bonheur, veut nous empêcher d’atteindre notre objectif tordu. Et donc c’est la division des langues. Voilà qu’il devient difficile de se comprendre. Eh bien, ce dimanche, l’évènement de Pentecôte vient comme répondre à Babel. Babel, c’est le lieu de la division à cause de l’orgueil. Pentecôte, c’est le lieu de l’unité. “Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ?” Et on a entendu toute la liste des peuples qui étaient là. Tous, nous les entendons parler dans nos langues, des merveilles de Dieu. Oui, le don de l’Esprit Saint crée une unité. Et pour cela, il faut vouloir l’accueillir. Ce n’est pas une unité par nos propres forces. Ce n’est pas nous qui pouvons réaliser l’unité et la paix par nous-mêmes. C’est encore la parole de Jésus : “Je vous donne la paix, je vous donne Ma paix”. Cette paix, c’est le don de l’Esprit Saint. C’est, depuis un mois que notre pape a pris le gouvernement de l’Eglise, le premier mot qu’il a dit. “La paix soit toujours avec vous”. Cette paix, c’est celle qui vient du Christ ressuscité. Cette paix, c’est l’Esprit Saint qu’il s’agit d’accueillir dans nos vies et dans nos cœurs. C’est une conversion qui nous est demandée, car naturellement, quand nous voulons faire la paix, nous avons une mentalité de romain. La paix romaine, celle qui est imposée par la force ! Nous avons à nous convertir pour accueillir la paix qui vient de Dieu. La paix qui fait de nous un seul corps, un seul corps, un seul esprit. La paix qui fait de nous des témoins du seul Amour qui compte, de la seule vie qui compte. Alors laissons-nous emplir de l’Esprit Saint et vivons ensemble dans la paix.