
Homélie du 4e dimanche de Carême C
A l’occasion de la profession de Foi de nos jeunes à Saint-Laurent-de-Mure
par le Père Sébastien Ateba-Mintolo
petit poisson d’avril quand même, les photos sont accessibles à la fin de l’homélie !
os 5, 9a.10-12 ; ps 33 ; 2 Co 5, 17-21 ; Lc 15, 1-3.11-32
Chers jeunes,
Aujourd’hui est un jour de joie ! En ce quatrième dimanche de Carême, appelé dimanche de Laetare, l’Église nous invite à une pause lumineuse sur notre chemin vers Pâques. Et cette joie est encore plus grande parce que vous, chers jeunes, faites aujourd’hui profession de foi. Vous affirmez librement votre désir de suivre le Christ. C’est une étape importante, un engagement personnel, mais surtout une aventure avec Dieu, qui vous accompagne avec amour et bienveillance.
Mais qu’est-ce que cela signifie vraiment, faire profession de foi ? Ce n’est pas seulement réciter un texte ou proclamer des paroles. C’est avant tout un acte de confiance et d’amour envers Dieu, une réponse personnelle à son appel. En professant votre foi, vous choisissez de prendre part à la vie de l’Église, d’avancer sur le chemin de l’Évangile, et de vous laisser transformer par le Christ. Ainsi, cette profession de foi est bien plus qu’un simple rite : elle marque un tournant, un pas vers une relation plus profonde avec Dieu, un engagement à chercher sa volonté et à témoigner de son amour autour de vous.
Pour mieux comprendre cette dynamique, l’Évangile que nous venons d’entendre nous offre un éclairage précieux. Il s’agit de la parabole du fils prodigue – ou plutôt, de la parabole du Père au cœur immense. Cette histoire nous parle justement de la relation entre Dieu et nous, de sa miséricorde infinie, de la liberté qu’il nous laisse, et de la joie qu’il veut partager avec nous.
Regardons d’abord le plus jeune des fils. Il réclame son héritage et quitte la maison paternelle. C’est une décision radicale, presque une rupture avec son père. Pourtant, ce dernier ne le retient pas, ne l’empêche pas de partir. Il accepte son choix, même si cela lui brise probablement le cœur. Ce détail nous révèle une vérité fondamentale sur Dieu : il nous laisse libres. Il ne force personne à croire, il n’impose pas son amour. Il nous invite, mais c’est à nous de répondre, de choisir, de nous engager. Et aujourd’hui, vous faites ce choix : vous dites « oui » au Christ, non pas par contrainte, mais parce que vous le voulez.
Cependant, la liberté seule ne suffit pas. Le fils cadet, après avoir gaspillé tout son héritage, se retrouve dans une misère profonde. C’est alors qu’il prend conscience de ce qu’il a perdu et décide de rentrer. Mais regardons bien l’attitude de son père : il ne l’attend pas les bras croisés avec des reproches. Non ! Dès qu’il l’aperçoit, il court à sa rencontre, il le serre dans ses bras, il l’accueille avec une tendresse bouleversante. Ce geste nous rappelle que Dieu est toujours prêt à nous accueillir, peu importe nos errances. Peut-être que, dans votre vie, il y aura des moments où vous vous éloignerez de la foi, où vous aurez des doutes, où vous ferez des choix difficiles. Mais souvenez-vous de cela : Dieu ne cesse jamais d’aimer. Son pardon est toujours plus grand que nos erreurs.
L’histoire ne s’arrête pas là. Il y a aussi le fils aîné, celui qui est resté fidèle, mais qui, au lieu de se réjouir, s’indigne du festin organisé pour son frère. Il pense que l’amour du père doit se mériter, qu’il faut être irréprochable pour être aimé. Or, l’amour de Dieu ne fonctionne pas comme un système de récompenses. Il aime chacun infiniment, non pas parce que nous sommes parfaits, mais simplement parce que nous sommes ses enfants. Et il nous invite à partager cette joie : la joie d’être aimés et la joie d’aimer à notre tour.
La parabole s’achève sur une interrogation laissée en suspens : le fils aîné acceptera-t-il d’entrer dans la fête ? L’Évangile ne nous donne pas la réponse. Pourquoi ? Parce que cette réponse nous appartient. C’est une invitation à nous interroger : voulons-nous entrer dans la joie de Dieu ?
Vous, chers jeunes, aujourd’hui, en professant votre foi, vous faites ce choix. Vous choisissez de faire confiance à Dieu, de marcher avec lui. Ce chemin ne sera pas toujours facile, mais souvenez-vous que Dieu est toujours là, qu’il vous accompagne à chaque instant. Et pour vous encourager, saint Paul nous rappelle dans sa lettre aux Corinthiens : « Si quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. » (2 Co 5, 17). En professant votre foi, vous acceptez d’entrer dans cette nouveauté, de devenir des témoins de l’amour de Dieu dans ce monde. Vous êtes appelés à être des ambassadeurs du Christ (cf. 2 Co 5, 20), à refléter son amour et sa lumière autour de vous.
Alors, aujourd’hui, célébrons ensemble cette joie ! Que votre profession de foi soit le début d’une belle aventure avec le Christ, une aventure libre, confiante et lumineuse ! Amen.