
Homélie du 3e dimanche de carême, le 23 mars 2025
Ex3, 1-8a.10.13-15 ; ps 102 ; 1Co 1-6.10-12 ; Jn 4, 5-42-
1er scrutin de Lény, et avec les enfants (et leurs parents) qui préparent la première communion.
par l’abbé Gaël de Breuvand
Troisième dimanche de Carême, un dimanche remarquable. Nous avons commencé la célébration par le rite de l’aspersion, nous avons été replongés dans notre baptême. Nous avons accueilli la tendresse et la miséricorde du Seigneur. « Puisque tu fais miséricorde ». C’était évidemment en lien avec ce passage d’évangile de la Samaritaine… Ceux qui ont des « Prions l’église » ou autre, vous avez pu constater que les deux premières lectures étaient bien celles de cette année mais l’évangile, en revanche, n’était pas dans votre livre parce que nous avons pris l’évangile de la Samaritaine qui est un peu long, et encore j’ai été compatissant – je ne sais pas si j’aurais dû – j’ai pris la version courte.
I – La rencontre entre l’homme perdu et son Dieu
Pourquoi cet évangile ? Parce qu’aujourd’hui, nous sommes dans la joie : Lény est au premier rang, avec une écharpe violette autour du cou. Il a été appelé à être baptisé à Pâques prochain ; aussi, aujourd’hui, vit-il une étape, un scrutin avant son baptême. La tradition de l’église, très ancienne, datant du IVe siècle, est que pour, ce premier scrutin, nous nous plongions dans cette rencontre entre Jésus et la Samaritaine. Jésus rencontre donc cette dernière près d’un puits. Pour ceux qui étaient avec moi, c’est-à-dire les enfants qui préparent leur première communion et leurs parents, vous le savez, quand il y a un puits, il y a une histoire de mariage !
Et cette femme-là, qui est une Samaritaine, a une vie compliquée. En effet, elle a cinq maris et l’homme avec qui elle vit actuellement n’est pas son mari ! C’est compliqué… Elle vient cherche l’eau à midi, le pire des moments car il fait chaud, c’est bien pour cela qu’il n’y a personne à cette heure-là… Dans cette civilisation, aller chercher l’eau est un moment convivial ; on peut donc en déduire que c’est une femme isolée. Quand elle vient chercher l’eau à ce puits, elle rencontre Jésus qui lui demande à boire, et qui lui promet que Lui va pouvoir lui donner une eau vive qui ne manquera jamais. Une fois que nous l’avons reçue, elle ne nous manque plus ! Cette eau vive, vous le savez car nous connaissons les codes, c’est le don de l’Esprit Saint : et Jésus le dit. « L’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissante pour la vie éternelle. » Aujourd’hui, alors que nous accompagnons Lény dans ce scrutin, nous méditons sur ce don de l’Esprit-Saint, cet Esprit-Saint qui désaltère, qui rafraîchit, qui donne la vie. Cet Esprit-Saint qui, une fois installé dans le cœur de l’homme, peut déborder du cœur de l’homme. C’est ce que nous nous souhaitons tous les uns les autres, c’est que nous souhaitons à Lény : qu’une fois ayant accueilli l’Esprit Saint, il puisse être là où il est, un foyer d’amour. C’est notre mission, ce pour quoi nous sommes faits.
II – Le don de l’Esprit pour purifier le cœur
Cette histoire de ‘source d’eau vive’ nous rappelle un événement beaucoup plus récent. Un certain nombre d’entre vous connaissent Lourdes et vous vous rappelez : la petite Bernadette voit la Vierge Marie, – elle met du temps à l’identifier comme telle – et puis voilà que cette Dame, « aquero » comme elle dit, lui demande de boire à la source ‘pour les pécheurs’ et de se laver ‘pour les pécheurs’. La petite Bernadette ne voit pas d’eau et s’en va à la rivière, le Gave, qui est juste là derrière. Et Marie l’arrête et lui signifie qu’il faut aller à la source qui est au fond de la grotte. Mais il n’y a pas de source ! Alors Bernadette s’approche, commence à gratter la terre et le premier signe qui montre que l’eau est proche c’est que la terre devient de la boue. Ensuite cette eau qui se met à couler devient une eau marron, sale, puis elle continue à couler et devient une eau claire. Et étonnement, depuis 1858, cette eau n’a jamais cessé de couler, c’est toujours une eau fraîche qui sort à peu près à 12 degrés et c’est toujours une source vive d’eau pure. Mais ce que Bernadette a reçu en buvant à cette eau ce n’était pas pour elle mais pour arroser, rafraîchir le monde. Ce que nous propose Jésus est de cet ordre-là.
Et on va aller un peu plus loin, car dans quelques instants nous allons procéder sur Lény à un exorcisme. [Ne pensez pas au film…]. Pourquoi ? Car ce don de l’Esprit Saint, c’est le don de la pureté absolue, cette eau vive, cette eau fraîche, pure, transparente. Quand elle vient à notre contact, lorsque que Dieu vient, la première chose que nous voyons c’est notre petitesse, notre faiblesse, nos limites, nos péchés, nos manques à l’amour. Ce scrutin, avec cet exorcisme, c’est pour que Lény puisse faire la place à Dieu. Qu’en lui jaillisse cette eau, qu’elle devienne source pure, jaillissante, source rafraichissante, qu’elle ne reste pas boue, qu’elle ne reste pas eau marronasse.
Vous avez entendu les Lectures, je pourrais vous parler encore une heure ou deux, mais peut-être avez-vous quelque chose de prévu cet après-midi ? Je ne vais pas vous retenir jusque-là mais accordez-moi juste un tout dernier point, parce que tout est là…
III – Adorer Dieu en Esprit et en Vérité
Vous avez entendu cette discussion entre la Samaritaine et Jésus. La Samaritaine pose cette question : ‘quand il faut adorer Dieu, doit-on adorer à Jérusalem, comme les Juifs le disent, ou pouvons-nous le faire ailleurs et en particulier sur la montagne de Samarie ?’ Jésus lui dit : ‘en réalité l’important n’est pas là. Aujourd’hui, il faut bien aller prier à Jérusalem car c’est aux Juifs que la Révélation a été donnée, c’est aux Juifs que Dieu a dit Son nom : « Je suis Celui qui suis, Je suis le Dieu de ton père, Je suis ton Père. » C’est aux Juifs que Dieu s’est révélé donc c’est à Jérusalem qu’il faut prier aujourd’hui. Mais l’heure vient où vous n’irez plus sur cette montagne ni à Jérusalem ; l’heure vient où vous adorerez en esprit et en vérité’.
En réalité, l’Adoration, autrement dit, ensuite la relation saine, ajustée, entre l’homme et Dieu doit avoir lieu là, dans notre cœur. Le vrai temple de Dieu, c’est notre cœur. Si Jésus nous attend au tabernacle, si Jésus va se rendre présent dans quelques instants sur l’autel, c’est pour que nous puissions L’accueillir dans nos vies. C’est cela être un « adorateur en esprit et en vérité ». Accueillir Dieu dans nos vies pour que nous puissions faire ce pour quoi nous sommes faits : « Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est Un, tu L’aimeras de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit, de toute ta force et tu aimeras ton prochain comme toi-même. Aimez-vous les uns les autres, comme Moi je vous ai aimés. ». Voilà ce pourquoi nous sommes faits.
Alors accueillons Dieu dans nos vies, accueillons l’Esprit Saint qu’Il veut nous donner, chassons le péché, le Mal, le manque d’amour et laissons Dieu régner en maître dans nos cœurs.