Jésus se dévoile comme Dieu, maitre des éléments

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Homélie du 12e dimanche du Temps ordinaire, 23 juin 2024,
Par l’abbé Gaël de Breuvand,

Il s’agit de la transcription d’une prédication orale. Les titres sont ajoutés après transcription.
Jb 38, 1.8-11 ; ps 106 ; 2 Co 5, 14-17 ; Mc 4, 35-41.

I – Dieu est créateur, maitre des éléments

Vous le savez, la Parole de Dieu – la Bible – nous est donnée d’abord pour nous révéler qui est Dieu. Inscrit tout au fond de notre cœur, il y a comme le désir de Dieu. Si on s’intéresse seulement à ce qu’il y a dans notre cœur, difficile d’entrer en relation véritable avec Lui. C’est pour cela que Dieu a fait alliance avec un peuple, et ce peuple, c’est le peuple d’Israël. Il va au cours des siècles, peu-à-peu, se dévoiler. Dire qui Il est… Et de fait, dans les premières choses que Dieu affirme, c’est le fait qu’Il est créateur, le fait qu’Il est maître de la création, maître des éléments.
C’est ce que l’on avait dans le livre de job. Il se présente comme celui qui a mis les choses dans l’ordre et en particulier le grand océan. Il faut savoir que les Hébreux, les Juifs, n’ont jamais aimé beaucoup naviguer. C’est le lieu du mal. On n’y va pas… Donc ils rendent grâce à Dieu car Il a mis des limites à la mer, et de la même manière, c’est ce que nous dit le psaume qui rend compte du fait que Dieu est capable de soulever la mer et de créer les tempêtes, Il est aussi capable de les calmer. Un Dieu créateur ; un Dieu maître des éléments.

II – Jésus dernier mot de Dieu sur lui-même

Au cours des âges, bien d’autres choses vont être dévoilées sur Dieu, par Dieu lui-même, qui se présente à nous. Et puis Jésus vient ; et vous le savez, Jésus est la Parole définitive de Dieu sur Dieu. Il se présente et il se dévoile absolument et totalement. Mais là encore, il y a une forme de progression. Tout n’est pas dit au premier instant. La preuve, c’est que lorsque ce petit bébé naît dans une crèche à Bethléem, il ressemble à tous les petits bébés du monde. Il pleure quand il a faim. Quand il a été rassasié, il dort. Et de temps en temps, il faut changer sa couche… Normal ! Au point que l’on peut penser que pour Marie, ce sont des consolations et des confirmations rassurantes que d’entendre les bergers lui dire : « Oui nous avons vu des anges qui nous ont dit que c’était lui le messie d’Israël ». Car cela ne sautait pas aux yeux ! Pareil pour Marie : consolation que d’entendre la vieillard Syméon remplis d’Esprit Saint dire : « C’est lui qui sera la délivrance d’Israël, la lumière pour toutes les nations, le messie que l’on attendait ». Sinon, ce petit bébé a grandi comme tous les petits enfants : il a parlé, il a été adolescent, puis il a été jeune homme… Et lorsqu’il se décide, qu’il sort de chez lui et qu’il commence à prêcher, il réunit quelques disciples… En tout cas, les foules sont passionnées par ce qu’il dit, car il parle vraiment bien ; C’est comme s’il avait vu ce dont il parle. Et donc il est un rabbi, un maître, un maître qui touche leur cœur. Un maître qui semble un peu étonnant. Il a quand même de vrais grands pouvoirs de guérison. Il y a même un moment, dans le chapitre 2 de l’Evangile selon saint Marc, où il dit : « Je te pardonne tes péchés ». Alors là, cela a choqué tout le monde car le pardon des péchés, c’est réservé à Dieu. En tout cas, on se rend bien compte que ce maître-là, il sort un peu de l’ordinaire. Mais de là à penser qu’Il est Fils de Dieu, il faut un peu d’éducation d’abord.

III – Jésus, maitre des éléments

Et voilà que Jésus et ses disciples sont dans cette barque, battus par les flots. Les disciples sont en panique en réveillant Jésus. « Maître ! Cela ne te fait rien ? Nous sommes perdus ». Et vous l’avez entendu, c’est le miracle de la tempête apaisée. « Il menace le vent et dit à la mer : « Silence ! tais-toi ! ». Le vent tomba et il se fit un grand calme… La réaction des disciples ? une grande crainte ! Il y a une vraie différence : ils sont d’abord en panique, ils sont d’abord morts de peur ! Et là, ils sont saisis d’une grande crainte. En langage chrétien, la peur est une chose. Nous l’avons tous éprouvé… La peur a tendance à nous tenir à distance. La crainte, ce n’est pas tout-à-fait la même chose : c’est la perception de l’écart qui existe. En fait, la crainte de Dieu, c’est un don de l’Esprit Saint. Lorsque nous percevons à quel point Dieu est grand, sublime, tellement au-delà de nous… à quel point Il nous aime, nous pouvons être saisis de crainte. On perçoit l’écart. Mais cela ne nous éloigne pas non plus de lui car nous percevons aussi, dans la crainte de Dieu, à quel point Il nous aime. On perçoit donc la différence : ce n’est pas mon pote le bon Dieu ! Mais Dieu a choisi de venir faire de moi son ami. Voilà la différence entre peur et crainte. Les disciples, pour la première fois certainement, se rendent compte que Jésus est Dieu. Il se manifeste, Il se dévoile comme le maître des éléments, de la création… « Tais-toi ! … Il se fit un grand calme ».

IV – Au cœur de la Foi, l’Amour

Mais nous ne sommes qu’au chapitre 4 de l’Evangile selon saint Marc et il y a encore 12 chapitres avant la fin de l’Evangile, parce qu’il y a encore quelque chose à apprendre. Dieu est bien créateur. Jésus est le Fils de Dieu, il est créateur avec le Père, il est le maître des éléments, oui !, mais beaucoup plus que cela. Il nous dévoile à quel point Il nous aime. C’est ce qui nous est donné dans la deuxième lecture. « Frères, l’amour du Christ nous saisit ». Et cet amour du Christ dont on vient de dire qu’il était Dieu, Fils de Dieu. Dieu lui-même veut nous saisir, nous serrer contre son cœur. Il veut nous faire entrer dans sa vie à lui. Jésus qui est mort et ressuscité pour que nous-mêmes, nous mourrions et nous ressuscitions. Je cite saint Paul : « Si le Christ est mort pour nous, c’est pour que les vivants, – et de qui parle-t-on quand on parle des vivants ? Ceux qui veulent accueillir Jésus dans leur vie… Nous ! -, n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur Lui ». Alors comment avoir notre vie centrée sur Lui ? Il suffit de l’écouter. Et que nous dit-il ? Quel est le plus grand commandement ? « Ecoute Israël ! Le Seigneur notre Dieu est un. Tu l’aimeras de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Voilà le plus grand des commandements. Voilà comment nous décentrer de nous-mêmes et nous tourner vers Lui. On peut encore l’écouter : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ». Ou bien même, dans le discours sur la montagne : « Vous avez entendus qu’il vous a été dit : aimez vos amis ; haïssez vos ennemis. Et bien moi je vous dis : aimez vos ennemis ». Voilà comment se laisser aimer par el Christ et comment se décentrer de nous-mêmes. Et alors nous pouvons apprendre à regarder le monde, à regarder les autres, avec le regard de Dieu.

Nous ne regardons plus personne d’une manière simplement humaine. Il s’agit pour nous de tenir dans ce monde la place du Christ. Le Christ est monté au Ciel. Mais il nous a laissés à nous mission de tenir sa place. C’est pour cela que nous sommes chrétiens. Pour être d’autres Christ. Pour aimer comme Lui aime. Pour témoigner comme Lui témoigne. Pour donner nos vies comme Lui donne sa vie. Il est Dieu. Il s’agit que nous aussi nous entrions dans cette crainte de Dieu, une crainte qui se laisse remplir d’amour et qui nous fait marcher à sa suite, librement, joyeusement. Il s’agit que nous soyons bien conscients de la tendresse, de l’amour de Dieu pour nous pour que nous puissions en témoigner. Il y a tant de gens qui ne savent pas qu’ils sont aimés. Et pourtant, ils sont aimés. Alors ce soir, en accueillant Jésus dans l’Eucharistie, lui qui se donne à nous tout entier, laissons-nous aimer et aimons en retour.