« Ce que nous faisons dans le monde résonne dans l’éternité » – 26e dimanche de TO – C

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Homélie du 25 septembre 2022 –
messe paroissiale et rentrée du groupe Bernard Perrin (SGDF)
Par l’abbé Gaël de Breuvand

Je m’adresse au premier rang, ceux qui sont en orange, en bleu, en rouge, en vert… Jésus vient de nous dire une parabole : une parabole, c’est une histoire inventée par Jésus, qui n’existe pas, mais elle veut dire quelque chose d’important. Dans cette histoire, il y a des choses qui sont absolument vraies, et d’autres moins. Et, du coup, il faut se demander qu’est-ce qui est le plus important dans cette histoire.

I – Il y a une vie éternelle, conséquence de notre aujourd’hui

La première chose dont on peut se souvenir, en ayant lu et entendu cette histoire, c’est que, après notre vie sur la Terre, il y a une suite. Lorsque nous mourrons, cela ne s’arrêtera pas. Il y aura une vie éternelle. Et c’est une bonne nouvelle ! Parce que cette vie éternelle, c’est la vie de Dieu lui-même, dans le sein d’Abraham, contre le cœur de Dieu-même, donc c’est une bonne nouvelle !
Et puis, deuxième chose, cette histoire nous met en garde, elle nous dit : ‘bougez-vous les gars, et aussi les filles’ : « Ce que nous faisons sur la Terre résonne sur l’éternité ». Si nous choisissons aujourd’hui d’aimer, de nous fatiguer pour la joie et le bonheur des autres, si nous choisissons de vivre vraiment comme les scouts, avec une bonne action quotidienne, en faisant de notre mieux, en étant toujours prêts, si nous choisissons de rendre service, eh bien, au ciel, dans la vie éternelle, nous serons dans la joie et dans l’amour.

Et si nous choisissons de ne nous occuper que de notre nombril, de notre confort, si nous faisons comme cet homme riche, si nous choisissons de faire des festins somptueux, on sera comme le riche qui ne voit même pas qu’il y a un pauvre juste à côté de sa porte. Le risque est que, tout comme il était seul sur Terre, il soit seul dans le ciel. Et ça, c’est la plus grande tristesse ! « Ce que nous faisons aujourd’hui sur la Terre résonne dans l’éternité ». Pour ceux qui sont à peu près de ma génération, cela doit vous parler, parce que c’est la citation d’un film intitulé Gladiator. « Ce que nous faisons dans le monde résonne dans l’éternité. » Pour le meilleur, mais aussi pour la tristesse. C’est notre choix, c’est notre décision !

II – Combat spirituel

Et justement, il y a eu une Deuxième Lecture avant l’Évangile, écrite par saint Paul qui, au moment où il l’écrit, commence à devenir un peu vieux. Il écrit à son disciple Timothée, qui est « celui qui craint Dieu », celui qui a conscience qu’Il est tellement au-delà de nous, et pourtant, il sait aussi que Dieu veut se rapprocher de nous. Paul parle à Timothée et lui dit : « mène le bon combat, celui de la foi. » Alors, est-ce que cela veut dire qu’il faut armer ses poings et se battre contre les autres ? Non, ce n’est pas cela. Il continue : « Empare-toi de la vie éternelle », « empare-toi de la vie éternelle », autrement dit, mène un combat pour la vie éternelle, pour qu’elle soit à toi. Et on a dit que la vie éternelle, c’était la vie de Dieu. Ce que saint Paul nous explique, c’est que choisir d’aimer aujourd’hui, ce n’est pas si facile, je ne sais pas si vous vous en êtes rendus compte… Est-ce que vous êtes toujours joyeux ? Est-ce que vous êtes toujours serviables ? Est-ce que vous êtes toujours souriants ? Est-ce que vous êtes toujours agréables ? Toujours ? Non, il y a certaines fois où l’on échoue… et pourtant on sait que ce serait mieux pour les autres si on était toujours serviable, si on était toujours de bonne humeur : ce serait beaucoup plus facile pour tout le monde. Et c’est vrai pour moi, hein : moi aussi, il y a des jours où je ne suis pas très agréable. Et pourtant, ce serait tellement plus facile. Il faut se battre… Et contre qui faut-il se battre ? Contre soi-même. Il faut se battre contre soi-même, pour gagner la vie éternelle, pour choisir d’aimer aujourd’hui, pour choisir d’aimer pour l’éternité, il faut se battre contre soi-même !

Première partie : c’était la Parabole, il y a une vie éternelle, et ce que nous faisons dans le monde résonne dans l’éternité. Deuxième partie : il y a un combat à mener pour entrer dans la vie éternelle et ce combat à mener, c’est contre soi-même, pour être rayonnant d’amour. Et enfin, une petite troisième partie, elle est la suite logique des deux autres : la vie éternelle commence aujourd’hui.

III – commencer la vie éternelle

C’est un peu ce que nous dit Jésus à la fin de la parabole, quand le riche demande à Abraham : ‘est-ce que tu pourrais envoyer Lazare pour prévenir mes frères, parce que je ne veux pas qu’ils soient dans le même souci que moi’. Et Abraham répond : ‘s’ils n’écoutent pas, s’ils n’ouvrent pas les oreilles, s’ils n’ouvrent pas leur cœur, on pourrait faire ressusciter quelqu’un devant eux, ils ne croiront pas, ils ne seront pas convaincus’.

Évidemment, Jésus s’adresse à des Pharisiens, et quand Jésus va ressusciter, ces Pharisiens-là ne vont pas croire. Mais nous, nous savons que Jésus est ressuscité, nous savons que Jésus est notre Sauveur, notre Dieu, notre exemple, notre modèle. Nous savons que Jésus veut nous emmener vers la plus grande joie et le plus grand bonheur, alors il faut se mettre à L’écouter, il faut vouloir qu’Il se mette contre notre cœur, dans notre cœur, parce qu’Il peut le faire. Il est ressuscité, Il est vivant, on ne Le voit pas, mais Il est là. C’est la première chose, c’est le plus grand commandement : « Écoute ». Donc, pour cela, il faut Lui laisser un petit peu de temps, il faut parfois ouvrir la Bible, il faut parfois aller au caté, il faut parfois aller à la messe, ce sont les lieux où on écoute Dieu, il faut parfois prendre le temps de la prière, peut-être même tous les jours, on a le droit ! Ce n’est pas très long, une prière : « Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, Seigneur, je sais que Tu es là, je sais que Tu m’aimes, et je veux faire ce que Tu veux. » Voilà, c’était une prière, et c’est une bonne prière.

Parce que, qu’est-ce que veut Dieu ? Et c’est la deuxième partie. Il y a « Écoute » et ensuite il y a « aime », autrement dit, donne de la joie à tous ceux qui sont autour de toi, donne-leur de la joie ! Il s’agit d’entrer en relation, il s’agit de connaître ceux qui sont autour de nous. Le riche, c’est ce qu’il avait raté : il avait Lazare juste à sa porte, et il ne l’avait même pas vu ! Et nous, voyons-nous les pauvres qui sont autour de nous ? Est-ce que nous voyons les malades qui sont autour de nous ? Est-ce qu’on les voit, ceux qui sont tout seuls autour de nous, et est-ce qu’on va les rencontrer ? Est-ce qu’on va leur donner de la joie ? Est-ce qu’on va les aimer ? C’est du boulot, et c’est notre mission. C’est Jésus qui nous donne cette mission. C’est du travail, mais Jésus est là, près de nous, aujourd’hui, maintenant, pendant la messe et, dans quelques instants, Il sera là sur l’autel dans l’Eucharistie, le Corps du Christ, et Il va nous nourrir, Il va nous donner Sa force. Et puis, Il est tous les jours avec nous, Il nous l’a promis, Il a Sa main sur notre épaule, Il a Sa bouche près de notre cœur, Il veut être avec nous, avec chacun.

Je vais être trop long… donc je vais m’arrêter. Rappelons-nous que Jésus nous appelle, vous vous rappelez le chant d’entrée ? « Écoute, ton Dieu t’appelle, viens, suis-Moi ». C’est cela, ce que nous dit Jésus, à chacun : suivons-Le, parce que c’est le chemin du bonheur et de la joie, c’est là où nous ferons ce pour quoi nous sommes faits : à la suite de Jésus, nous aimerons et nous serons aimés.