Se laver le cœur – Homélie du 22e dimanche de TO – B

Textes du jour : Dt 4, 1-8 ; Ps 14 ; Jc1, 17-18. 21b-22. 27 ; Mc, 1-8. 14-15. 21-23
par le P. Hermann Kientega

Bien-aimés de Dieu que la Paix, la Joie et l’Amour de notre Seigneur Jésus-Christ soient toujours avec vous. Les textes sacrés de ce 22ème dimanche du Temps Ordinaire nous convient à l’amour et à la pratique de la religion du cœur.

La première lecture nous rappelle ce qui s’est passé pour le peuple d’Israël : sous la conduite de Moïse, Dieu a sortis Israël de l’esclavage d’Égypte. En donnant sa loi à Israël, Dieu lui offrait « un passeport pour la liberté ». Oui, aussi paradoxal que cela pourrait paraitre, seule la loi garantie la liberté et seuls les peuples libres ont une loi, car sans loi, la liberté devient du libertinage et l’on ne peut que sombrer dans l’arbitraire et dans la violence. Ainsi, pour nous préserver de ce chaos, Dieu nous octroie une loi qui est largement suffisante pour garantir notre bonheur. Et qui que nous soyons, la 1ère Lecture d’aujourd’hui nous rappelle qu’aucun homme n’est au dessus des lois divines qui régissent notre religion. Ces lois n’ont pas besoin d’être approuvées par nous les hommes: « vous n’y ajouterez rien, vous n’en retrancherez rien » dit l’auteur du livre du Deutéronome qui nous rappelle que la loi donnée au Sinaï est une loi à pratiquer et à vivre. Elle était la fierté d’Israël face aux nations païennes. Et aujourd’hui, notre Seigneur Jésus résume cette loi pour nous chrétiens, en un seul commandement : le commandement de l’amour. Amour pour Dieu et amour pour le prochain. Voilà le cœur de notre foi, le cœur de notre vie chrétienne. Et au centre de cette vie, il y a Jésus Christ. Il est la Parole donnée pour que le monde ait la vie. Cette parole est semée en chacun de nous. Il nous revient de l’accueillir humblement et de la mettre en pratique afin que notre religion fasse corps avec notre vie. Voilà le message essentiel des textes sacrés de ce jour que st Jacques résume pour nous dans cette phrase : »La manière pure et irréprochable de pratiquer la religion, c’est de venir en aide aux orphelins et aux veuves et de se garder propres au milieu du monde. » Aujourd’hui encore, des veuves et des orphelins continuent de croupir dans la misère au milieu de nous. Mais que faisons-nous en ce moment de notre foi ? Que faisons-nous pour ces pauvres que nous côtoyons en faisant souvent semblant de ne pas les voir ? Mais pour nous aujourd’hui, que signifie concrètement, se garder propre au milieu du monde ? Comment actualiser ces propos de saint Jacques ? Bien-aimés de Dieu, il s’agit simplement de ne plus céder aux propos du genre : « TOUT LE MONDE FAIT COMME CA ». Oui, que ce soit à la maison, au service, en société ou en politique, le chrétien catholique ne doit pas vivre et faire comme tout le monde. Nous devons être au dessus de la mode et de la mentalité du monde.

En outre, dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus est aux prises avec les pharisiens. Il leur reproche de laisser de côté les commandements de Dieu pour s’attacher aux traditions des hommes. A travers ces reproches faits aux pharisiens, Jésus nous dit aujourd’hui que le plus important n’est pas de se laver les mains mais de se laver le cœur. Il nous invite donc à faire la vérité dans toutes nos pratiques religieuses, notre prière et tout ce qui est important pour nous. Dans nos relations avec Dieu et les autres, efforçons-nous d’être vrais et sincères. Oui, nous ne pouvons atteindre Dieu qu’avec le cœur. Dans notre vie de relation de Dieu avec nous et de nous avec Dieu, tout se joue au niveau du cœur. Vivre en chrétien, c’est vivre intensément cette alliance d’amour entre Dieu et nous. Il n’y a que cela qui compte. On comprend alors que Jésus soit déconcerté par les critiques des pharisiens qui lui reprochent de ne pas respecter les traditions religieuses.

Chers frères et sœurs, Si l’évangile nous rapporte cet événement, c’est pour attirer notre attention sur notre manière de vivre et de pratiquer la religion. Comme ces pharisiens, nous avons facilement tendance à juger la pratique religieuse des autres. L’intolérance n’est pas que chez les autres. Ce sont eux qui critiquent toujours les autres parce qu’ils ne font pas comme eux et ces derniers passent leur temps à chercher à faire croire aux autres ce qu’ils ne sont pas. Jésus condamne cette hypocrisie qui régie souvent nos relations inter personnelles et notre façon de pratiquer la religion. Oui, nous sommes souvent des « tombeaux blanchis à la chaux » comme l’a dit Jésus en Mt 23, 27. Ainsi, « pour les gens, nous dit Jésus, vous avez l’apparence d’hommes justes, mais à l’intérieur, vous êtes plein d’hypocrisie et de mal ». Chers frères et sœurs, cessons de vouloir PARAITRE aux yeux des autres ce que nous ne sommes pas devant Dieu. Faisons en sorte que nos comportements sociaux religieux soient toujours le reflet de nos convictions profondes, de ce qui habite nos cœurs. Car devant Dieu, chacun de nous ne vaut que ce que vaut son cœur et Jésus nous rappel que « les vrais adorateurs adorent Dieu en esprit et en vérité » (cf. Jn 4, 23)

Ainsi, c’est dans le cœur que commence la vraie religion avant d’atteindre l’extérieur. Et notre bataille contre le mal doit aussi commencer par le cœur. C’est là que nous devons arracher les mauvaises herbes et semer le bon grain de la solidarité, de l’amitié, de la patience, de l’humilité, de la piété, de la miséricorde, du pardon et surtout de l’amour. Oui l’amour, car la religion catholique est la religion de l’amour. Il suffit donc d’aimer sincèrement pour être un bon chrétien. « Tous reconnaitrons que vous êtes mes disciples à l’amour que vous aurez les uns pour les autres » nous dit Jésus en (Jn 13, 35). C’est dans ce sens que l’on perçoit aussi la pertinence de cet adage de saint Augustin qui dit : aime et fais ce que tu veux ! Ainsi, pour que notre religion soit conforme à la Volonté du Christ et pour que règnent plus de paix et de justice dans ce monde rempli de haine et de violence, pour qu’il fasse toujours bon vivre dans nos familles, dans nos communautés et dans notre société, efforçons-nous chacun d’observer ce court enseignement de saint Augustin qui nous demande ceci je cite : « Si tu te tais, tais-toi par Amour ; si tu parles, parle par Amour ; si tu corriges, corrige par Amour ; si tu pardonnes, pardonne par Amour. Aie au fond du cœur, la racine de l’Amour : de cette racine, rien de mauvais ne peut sortir ». Alors, vive l’amour dans nos cœurs, vive l’amour dans notre religion et dans le monde, vive l’amour en nous et au tour de nous, pour la Gloire de Dieu et pour le salut de notre humanité. Amen !