Tu es mon Fils bien aimé, en toi Je trouve ma joie

Homélie du Baptême du Seigneur, 10 janvier 2021
par l’abbé Gaël de Breuvand
Il s’agit de la transcription d’une prédication orale. Les titres sont ajoutés après transcription.
Messe paroissiale avec « remise de la Parole aux enfants en 1ere année de catéchisme
Is 55, 1-11 ; Is 12 ; 1Jn 5, 1-9 ; Mc 1, 7-11

Il y trois semaines, nous avions une grande fête : laquelle ? C’était Noël, il y a trois semaines, et nous avons accueilli Jésus petit Enfant. Et qui a vu naître Jésus ? Pas grand monde : il y avait juste Joseph et Marie. Et puis, après, on sait que les bergers sont venus et ont vu ce petit Enfant, les anges leur avaient dit que ce petit Enfant était le Messie attendu, Il était le Fils de Dieu. Mais, les bergers, on ne peut pas trop leur faire confiance à l’époque, car ils étaient connus pour être des menteurs. Alors, ils ont bien vu ce qu’ils ont vu, mais, du coup, quand Jésus naît et qu’il grandit, personne n’est au courant que le Fils de Dieu est venu habiter parmi nous.

I – Le Baptême, manifestation de Jésus, Fils de Dieu

Et puis, voilà que, trois semaines plus tard, nous célébrons, aujourd’hui, la fête du baptême de Jésus. Il a trente ans, le jour de son baptême, donc Il est ‘vieux’. Il a changé, il a grandi, Il a quitté sa maman, et Il se présente auprès de son cousin, Jean. Et Il lui dit « Baptise-moi. » Et Jean le baptise. On a entendu comment cela s’est passé. Jean a baptisé Jésus, il L’a plongé dans l’eau – c’est ce que cela veut dire, « baptiser » -, et quand Jésus est remonté de l’eau, il a vu les cieux se déchirer – peut-être qu’il y avait des nuages ? –  Il a vu l’Esprit Saint, comme une colombe, descendre du ciel, et il a entendu une voix qui a dit « Tu es Mon Fils bien-aimé, en toi je trouve ma joie » Et, là, ça change tout : parce qu’il y a des témoins, il y a des gens qui ont vu cela. Et, en particulier, Jean Baptiste, d’abord. Il a vu le ciel s’ouvrir, il a vu la colombe descendre, et c’était le Saint Esprit, et il a entendu cette voix : « Tu es mon fils bien-aimé, en toi je trouve ma joie. » Il y a maintenant un témoin. Et qu’est-ce qu’on entend ? Jésus, le jour de son baptême, Il est ‘manifesté’, Il est ‘dévoilé’, Il est ‘montré’ qu’Il est Dieu, Fils de Dieu, rempli d’Esprit Saint ; et ça, c’est une bonne nouvelle ! Et, du coup, après, qu’est-ce qu’il va se passer ? Eh bien, Jésus va commencer Sa mission. Et Sa mission, qu’est-ce que c’est ? C’est de dire que Dieu est Père, et que Dieu nous aime, tous, chacun personnellement. Jésus, le jour de son baptême, ça ne change rien pour Lui, Il était Fils de Dieu avant, et Il l’est toujours après. Le baptême de Jésus nous montre, à nous, ce qu’est Jésus. Il est le Fils de Dieu, Il est le Fils aimé du Père, Il est Dieu venu dans notre monde pour être notre ami.

II – Faire mémoire de notre baptême

Alors, du coup, aujourd’hui, ça vaut le coup de se poser la question de notre propre baptême. D’abord, est-ce que vous connaissez la date de votre baptême ? Est-ce que vous connaissez votre « baptiversaire » ? Pourtant, c’est un moment important. Parce que nous avons été baptisés, pas tout à fait comme Jésus, parce que pour Jésus cela n’a rien changé, alors que pour nous ça a tout changé. Cela ne se voyait peut-être pas, et pourtant, avant le baptême, nous étions des êtres humains, avec une capacité d’aimer, mais on n’était pas très fort pour ça. Et après notre baptême, nous avons reçu un cadeau tout à fait particulier, celui que Jésus avait depuis toute éternité : l’Esprit-Saint. Vous avez l’Esprit-Saint dans vos cœurs le jour de votre baptême. Cela veut dire que Dieu habite dans vos cœurs. Et, du coup, cela devient possible d’aimer. En tout cas, cela devient beaucoup plus possible qu’avant votre baptême. Cela ne veut pas dire qu’on ne rate jamais, malheureusement. Nous sommes, grâce au Saint Esprit, connectés à Jésus. Nous devenons, – attention, c’est une expression – « membres de Son Corps ». Et du coup, si nous sommes membres du Corps de Jésus, peut-être que moi, je suis le petit doigt, peut-être que d’autres sont le pied, d’autres l’œil, d’autres sont la bouche… Mais, du coup, nous avons la même mission que Jésus, puisque nous sommes connectés à Lui ; puisque nous sommes membres de Son Corps, nous aussi nous devons accueillir l’Esprit dans nos vies pour Le donner à tous ceux qui sont autour de nous. C’est du travail, parce qu’en fait Dieu dit « Tu es mon Fils bien-aimé, en Toi, je trouve ma joie. » Il le dit à Jésus, mais Il le dit à chacun de nous : « Tu es mon enfant bien-aimé, en toi je trouve ma joie, en toi, Je donne Ma joie. » Et cette joie, est-ce qu’il faut qu’on la garde en égoïstes, juste pour nous ? Non, cette joie, il s’agit de la donner aux autres. Et vous savez combien c’est difficile, surtout avec mon petit frère, vous savez celui qui est toujours en train de m’embêter ! Il faut que je lui donne de la joie ! À mes parents, à mes enfants, à mon époux, à mon épouse, à mon voisin désagréable, il faut que je lui donne de la joie, parce que Dieu m’aime et remplit mon cœur de l’Esprit Saint pour qu’il puisse déborder de moi. C’est cela, être chrétien. Et d’ailleurs, le mot « chrétien » c’est le même mot que Christ. Le jour où vous avez été baptisés, – moi aussi j’ai été baptisé, je me souviens d’ailleurs de la date, c’était le 30 octobre – vous pouvez chercher si vous ne connaissez pas la date de votre baptême, ça vaut le coup de s’en souvenir, pour tous les ans, faire mémoire en famille, on peut fêter la date du baptême, le « baptiversaire », c’est l’occasion de faire un cadeau de plus. Mais pas que ! et d’ailleurs, on peut même se souvenir du quantième, se souvenir du « mensiversaire », tous les mois se rappeler que, ce jour-là, il y a quelques mois, quelques années, j’ai été baptisé ; et, ce jour-là, c’est peut-être l’occasion de refaire la connexion avec Dieu notre Père, peut-être que c’est l’occasion de relire un peu la Bible, peut-être que c’est l’occasion d’aller se confesser, peut-être que c’est l’occasion d’aller à la messe, même en semaine, fêter votre « mensiversaire » de baptême. Pour vous rappeler cette chose, la plus importante : vous êtes nés, et quelques jours, quelques mois, quelques années plus tard, vous avez été remplis de l’Esprit Saint. Vous avez été sauvés : dorénavant, nous le savons, nous ne mourrons plus. Oui, on va bien mourir physiquement ; mais ce jour-là où nous mourrons, ce ne sera pas la fin, parce que, ce qui nous attend, après, c’est de retrouver Notre Père, qui nous aime. C’est une bonne nouvelle, quand même ? Et comme Il nous aime, cela veut dire qu’Il veut notre joie et notre bonheur : « en toi, Je trouve Ma joie », en toi, Je mets ma joie. Voilà, c’est peut-être ça l’idée principale de cette fête du baptême du Seigneur.

III – Jourdain, retourne en arrière !

Jésus, en étant baptisé, a sanctifié les eaux du Jourdain. C’est une rivière, et, vous le savez peut-être, les eaux du Jourdain partent d’un lac, le lac de Galilée, qui est un lac d’eau douce, et il y a plein de poissons dans ce lac, il y a plein de plantes, c’est très vert. Et la rivière descend du lac et va se jeter dans une mer qu’on appelle la « mer Morte ». Et là, il n’y a rien, tout est mort. Quand Jésus est baigné, baptisé dans le Jourdain, d’une certaine manière le Jourdain change de sens : il part de la mort et il va à la vie. D’ailleurs, il y a une tradition qui veut que lorsqu’on prend de l’eau du Jourdain et qu’on l’utilise pour un baptême, c’est une eau qu’on n’a pas besoin de bénir, parce qu’elle a été bénie une fois pour toutes par Jésus. L’eau du baptême nous emmène de la mort à la vie. Au jour de notre baptême, nous entrons dans la vie éternelle, dans la vie de Dieu, nous sommes capables d’être en relation avec Lui, de Le reconnaître comme notre Père qui nous aime, et nous devenons capables de L’aimer en retour. Vous vous souviendrez de tout cela ? C’est compliqué.

IV- Baptême, Eucharistie, Parole de Dieu

Alors comment est-ce qu’on fait ? Et je termine avec ça. Comment est-ce qu’on fait pour aimer Dieu ? C’est saint Jean qui nous le disait dans la Deuxième Lecture. Il a dit qu’il y avait trois témoins de Dieu. L’eau, le sang et l’Esprit. C’est eux qui rendent témoignage. L’eau, c’est justement l’eau du baptême ; le sang, c’est celui de Jésus qui nous est donné dans l’Eucharistie ; et l’Esprit, c’est Dieu qui vient nous visiter dans notre cœur et qu’on trouve d’une manière toute particulière dans ce petit livre, vous le connaissez ? C’est la Bible ! C’est la Parole de Dieu ! La Parole de Dieu, c’est l’Esprit Saint lui-même qui vient habiter nos cœurs. Et d’ailleurs, c’est lié. L’eau du baptême, c’est l’Esprit Saint lui-même qui vient habiter nos cœurs, et l’Eucharistie, c’est encore l’Esprit Saint lui-même qui vient encore habiter dans nos cœurs. D’ailleurs, l’Eucharistie, c’est une Parole de Dieu. Efficace. Quand le prêtre dit « Ceci est mon Corps », c’est bien la voix du prêtre, mais ce sont les mots de Jésus, et ce petit morceau de pain, ce petit peu de vin, eh bien, ce ne sont plus du pain ni du vin, mais le Corps et le Sang de Jésus qui nous sont donnés en nourriture, une nourriture qui nous est indispensable, encore plus indispensable que le pain de la vie quotidienne.

Alors, voilà, nos trois résolutions, et après je m’arrête là : se souvenir de la date de notre baptême et en faire mémoire, en faire l’anniversaire, le « mensiversaire » ; accueillir Dieu dans Sa Parole, parce que Sa Parole, c’est le moyen pour nous de vivre ; et accueillir Dieu dans Sa Parole faite chair, dans cette Eucharistie qui nous est donnée. Et si l’Église nous invite à communier tous les dimanches, ce n’est pas juste pour nous embêter, c’est parce que c’est nécessaire, c’est comme respirer, manger. Recevoir l’Eucharistie, vivre de la Parole de Dieu, faire mémoire de notre baptême, c’est là que nous trouvons la Vie, c’est là que nous devenons capables d’être aimés et d’aimer en retour. « Tu es mon Fils bien-aimé, en toi Je trouve Ma joie. »