« En Prière dans l’attente de la venue du Paraclet. » : 7e dim TP – Année A

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Homélie du 17 mai 2026
Ac 1, 12-14 ; Ps 26 ; 1 P 4, 13-16 ; Jn 17, 1b-11a
Abbé Rogert DA

La Religion n’a pas commencé avec l’avènement de Jésus Christ dans le monde. La littérature juive, biblique et même des anciens écrits extrabibliques ont rapporté plusieurs prières que les grands personnages de l’Ancien Testament ont adressée à Dieu avant de mourir, pour lui rendre grâce, pour se recommander à Dieu, et lui confier leurs familles et leur œuvre. La catéchèse de l’histoire du salut nous a raconté l’exemple de Abraham qui a prié pour Sodom et Gomorrhe, la prière de Jacob pour échapper à la mort, Isaac er Rebecca ont prié pour avoir des enfants ; le livre de l’Exode est parsemé des prières de Moïse et d’Aaron, etc.

Dans le même genre littéraire, Saint Jean nous rapporte dans le chapitre 17 de son évangile, la prière que Jésus a adressée à Dieu le Père, au terme de sa vie terrestre, c’est-à-dire avant sa passion. Comme le lavement des pieds, Saint Jean semble même rattacher cette prière à l’institution de l’Eucharistie, comme le testament spirituel de Jésus. Les biblistes l’ont d’ailleurs intitulé « la prière sacerdotale de Jésus ».

Le texte évoque plusieurs thèmes. Notamment la glorification mutuelle du Père et du Fils : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie » (V1). Jésus ne parle pas des gloires telles que nous les désirons sur terre, à travers la richesse, les honneurs, le pouvoir d’écraser les autres, les plaisirs charnels et mondains. En effet, Jésus a glorifié son Père dans l’obéissance totale, l’acceptation de la croix et de la mort. Car « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». Dans sa prière Jésus parle aussi de la vie éternelle : « Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ ». Nous pensons souvent que la vie éternelle commence après la mort. Mais Jésus nous révèle dans sa prière qu’il s’agit avant tout de connaître Dieu. Et dans le vocabulaire biblique le terme connaître désigne la relation d’intimité avec Dieu qui se manifeste par l’amour et l’adoration. Ainsi celui qui vit dans l’amour de Dieu et du prochain a déjà commencé la vie éternelle sur la terre.

Chronologiquement, on devrait lire ce texte dans les derniers jours du carême, parce que Jésus était dans les derniers moment de sa vie terrestre. Mais l’Eglise a choisi de nous le proposer en ce septième dimanche de Pâques, entre l’Ascension et la Pentecôte, cette période d’attente active de la venue du Saint Esprit. En effet plus que les thèmes évoqués et malgré leur importance, c’est l’attitude de prière que nous devons d’avoir avoir à l’esprit ce maintenant. Jésus n’étant plus là physiquement pour répondre aux questions, que doivent faire les disciples afin de poursuivre la mission qui leur a été donnée de proclamer l’évangile dans le monde entier ?  Il faut prier. Ce fut la première activité des disciples après l’Ascension : « Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses » « d’un seul cœur, ils participaient fidèlement à la prière » (Ac 1, 14).

C’est un exemple qu’ils nous donnent à nous qui sommes actuellement dans l’attente du Saint Esprit. C’est dans la prière que toute la communauté chrétienne doit se préparer à recevoir le Paraclet, un climat de communion fraternelle. Prier chacun de son côté, chacun dans sa maison est bien ; venir seul allumer une bougie devant la sainte vierge est une bonne démarche spirituelle (n’oubliez pas saint Joseph) ; bref, je veux dire que la prière personnelle est très importante parce qu’elle cultive notre intimité avec Dieu et fortifie nos dévotions personnelles avec les saints et l’adoration eucharistique.

Mais la première communauté chrétienne, nous dit que ce qui est premier, c’est la prière communautaire. Dieu nous appelle individuellement certes, mais c’est pour former une famille, « ecclesia », l’église, corps du Christ, avec tous ceux et celles qui croient en Dieu et qui l’adorent en esprit et en vérité. La visibilité de l’Eglise, chose importante dans le monde aujourd’hui, s’exprime dans l’assemblée dominicale, les prières communautaires, la communion avec le pape au niveau universel et l’Evêque au niveau diocésain. Et quand on prie seul, on doit le faire aussi avec le joyeux sentiment de communion avec tous les autres chrétiens de notre paroisse et du monde entier. Cette prière unanime des disciples était déjà le premier exemple d’une retraite communautaire. Cette communion de prière est déjà active dans notre paroisse avec le rosaire vivant, le chapelet avec Pauline Jaricot, le chapelet de la divine miséricorde, la neuvaine de prière au Saint Esprit, les messes dans les EHPAD (Je pense que c’est ouvert à tout le monde, et encourageant pour les personnes âgées, de voir que la communauté paroissiale vient à eux et célèbre avec eux ).

Enfin, Jésus nous a donné dans l’évangile de ce dimanche un exemple de prière. Comme dans le « Notre Père », Il met en avant « l’action de grâce » au sens où nous parlons communément de l’Eucharistie. « Les yeux levés au ciel », Il nous invite à rendre grâce à Dieu en tout temps pour l’accomplissement de notre devoir de tous les jours : « J’ai manifesté ton nom » (v6) « je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé (v8).

Comme Jésus qui se préoccupe de l’avenir de ses disciples, prions aussi pour tous ceux dont nous avons la charge, pour nos collaborateurs, nos enfants, nos parents et tous les membres de notre famille. A la fin des temps, Dieu demandera à chacun de nous de rendre compte de la mission qu’il nous a confiées et de notre exercice professionnel. 

La situation des chrétiens n’est pas joyeuse dans le monde : marginalisation, persécutions, assassina, dont saint Pierre fait écho dans sa lettre. Dans certains pays, le christianisme est même interdit. Mais nous gardons courage et nous espérons. Car Jésus a subi tout cela avant nous. Et saint Pierre nous donne de l’assurance : « Bien-aimés, dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous … Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous » (1P 4, 13-14. Il est notre paraclet, notre défenseur, qui rend effectif l’assurance de la présence perpétuelle de Jésus : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » Mt 28, 20).

Prions de tout cœur, afin que l’Esprit qui nous est promis nous comble en abondance de ses dons, pour une vie de témoignage qui glorifie le nom de Dieu qui vit et règne pour les siècles des siècles. Amen.