Ex 17, 3-7 ; Ps 94 (95), 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9 ; Rm 5, 1-2.5-8 ; Jn 4, 5-42
Homélie du 8 mars 2026,
Par Père Ferdinand SEBRE
Les lectures de ce dimanche nous parlent de l’eau. L’eau est un aliment important, et la plupart du temps on se rend bien compte de son importance lorsqu’il n’y a pas d’eau.
Aujourd’hui, nous allons regarder la symbolique de l’eau, bien sûr en rapport avec le baptême, puisque quatre de nos catéchumènes cheminent vers le baptême, mais surtout, nous allons parler aussi de la question de la soif et de ce que Jésus vient nous apporter.
Commençons donc par la question de l’eau. L’enfant qui naît à besoin d’eau pour grandir dans le sein de sa mère. Sans eau, il n’y a pas de vie.
Quand l’eau vient à manquer à une vie, mais cette vie, en fait, elle va tout simplement tomber. L’eau est le symbole de la vie.
Dans la première lecture, il est question de cette question d’eau, parce que le peuple avait soif et le peuple avait besoin d’eau.
Et voilà que Dieu dit à Moïse de frapper le rocher. En frappant le rocher, il en sort de l’eau qui va désaltérer tout le peuple. Dans cette première lecture, nous comprenons que Dieu est le Dieu de la providence. Il vient pour nous donner la vie et la vie en plénitude.
Arrivons dans l’évangile de ce jour. Il est aussi question d’eau. Et je voudrais attirer notre attention sur la posture de Jésus. Saint Jean nous dit que Jésus était assis sur le rebord du puits. Cette posture dit quelque chose de ce que Jésus lui-même est.
Comme s’il en était le propriétaire, et comme s’il était la source de ce qui était contenu dans ce puits. Et voilà qu’une femme vient chercher de l’eau. Quand elle arrive, Saint Jean prend le temps de spécifier qu’elle arrive à la sixième heure, c’est-à-dire à midi. C’est l’heure la plus chaude. Elle vient tout simplement parce qu’elle se dit qu’à cette heure-là, il n’y aura plus personne, qu’elle serait seule pour prendre de l’eau.
Cette femme, en fait, représente notre humanité et chacun d’eux. Cette femme qui vient chercher de l’eau, c’est notre humanité en recherche de la vie, en recherche du bonheur. Elle vient, elle veut être seule. Elle veut être seule parce que la plupart des femmes viennent prendre de l’eau tôt le matin.
Mais elle, elle vient à l’heure la plus chaude pour ne pas être l’objet de critiques, de jugements et autres. Cette femme, c’est aussi l’expression de chacun de nous. Quelquefois, nos vies elles-mêmes ne sont pas en conformité et il nous arrive de nous enfermer dans des choses dont on n’est pas fier.
Pourtant, en nous, il y a une soif, une soif de bonheur. Cette femme, elle va au puits pour puiser de l’eau. Et quand elle arrive, elle rencontre Jésus.
Jésus lui dit, donne-moi à boire. Et la suite nous la connaissons puisqu’elle dit, « comment toi un Juif, tu peux me demander à boire à moi une Samaritaine ? ». En effet, nous savons qu’entre les Juifs et les Samaritains, il y avait une grande distance et que les deux ne s’entendaient pas. Ça c’est la première distance.
La deuxième distance, c’est qu’un Juif ne parle pas à une femme et surtout quand elle est seule. En fait, nous voyons dans ce texte Jésus qui franchit tous les interdits pour rejoindre la soif de cette femme.
Comme pour nous dire, quelle que soit notre vie, quel que soit ce par quoi nous passons, Jésus est prêt à franchir toutes les distances, tout ce qui nous sépare de lui pour rejoindre nos soifs et pour nous donner la véritable eau. Donne-moi à boire. Et la question de la femme, comment peux-tu me dire de te donner à boire alors que moi je suis une Samaritaine.
Jésus lui dit, si tu savais le don de Dieu et celui qui te dit : donne-moi à boire, c’est toi qui lui aurais demandé de l’eau et lui il t’aurait donné de l’eau vive. Quand j’ai lu ce texte, frères et sœurs, je suis frappé par ce que Jésus dit. Il ne donne pas n’importe quelle eau, mais il donne de l’eau vive.
Cette eau vive n’est rien d’autre que la vie en plénitude que Jésus seul possède et qu’il veut donner à tout homme. Et c’est là que je veux m’adresser à nos amis qui se préparent pour le baptême.
Mais le baptême, comme son nom l’indique, vous allez être plongé, plongé dans l’eau, c’est-à-dire plongé dans la mort et dans la résurrection du Christ. En fait, vous allez être plongé dans une vie nouvelle. Cette vie nouvelle, c’est la vie du Christ qui, désormais, fera de vous des hommes et des femmes qui allez rayonner de lui.
Et c’est là que j’attire votre attention sur cette femme samaritaine. Vous voyez, elle vient pour prendre de l’eau, elle parle avec Jésus et à la fin, elle laisse sa cruche, elle repart chez elle en oubliant même ce qu’elle était venue chercher. Quand on a rencontré le Seigneur, on n’a plus besoin de boire de cette eau-là.
Quand le Seigneur fait grandir en nous la source du bonheur, on n’a plus besoin d’aller puiser à des citernes lézardées qui ne peuvent pas retenir l’eau. Nous aussi, dans nos vies, bien souvent, nous passons du temps à puiser à des citernes lézardées qui ne peuvent pas retenir l’eau. Aujourd’hui, vous qui êtes en chemin vers votre baptême, nous qui avons été baptisés depuis Mathusalem, à nous tous, le Seigneur nous invite, justement, à aller puiser à cette source intarissable qui est la rencontre avec lui.
Demandons donc au Seigneur, en cette Eucharistie, de nous mettre tous en marche et surtout que nous puissions nous désaltérer à cette source intarissable. Car sans l’eau, il n’y a pas de vie. Mais surtout, sans l’eau que Jésus nous donne, nous n’aurons pas la vie.
Car il nous le dira dans l’Évangile de Jean, « Je suis venu pour que les hommes aient la vie et la vie en plénitude. » Puisse cette plénitude nous être donnée aujourd’hui, demain et pour les siècles des siècles.
Amen.