Croire EN Dieu, entrer en Alliance avec Lui

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Homélie du 27 juin 2021, 13e dimanche du Temps ordinaire,
Profession de foi de 11 jeunes filles
par l’abbé Gaël de Breuvand
c’est la retranscription d’une prédication, qui garde son style oral, les titres ont été ajoutés ensuite.

Sg 1, 13-15 ; 2, 23-24 ; ps 29 ; 2Co 8, 7.9.13-15 ; Mc 5, 21-43

Je vais commencer par vous parler de la Première Lecture ; c’est un texte qui vient du livre de la Sagesse, un texte qui, dans la Bible, est arrivé très tard. En fait, on pense qu’il a été écrit peut-être 30-40-50 ans avant la naissance de Jésus. Alors c’est différent d’autres textes : le psaume, par exemple, a été écrit peut-être 1000 ans avant la naissance de Jésus ; donc celui-ci est un texte récent. Et ce texte dit la même chose que les trois premiers chapitres du livre de la Genèse, vous savez, l’histoire d’Adam et Ève.

I – 3 modes de « croire »

En fait, l’auteur, le sage qui écrit le Livre de la Sagesse fait un acte de foi. Il dit : « Voici ce que je crois ». Et il le fait pour quoi ? Parce qu’il a écouté la Parole de Dieu. Il le fait pour quoi ? Parce qu’il a rencontré Dieu dans sa prière. Il veut se laisser toucher par Dieu. Et donc cet acte de foi a trois dimensions. D’abord, il croit à Dieu, il sait que Dieu existe. Pourquoi ? Parce qu’il l’a lu, parce qu’il a été touché par Lui, parce qu’il l’a rencontré. Parce que d’autres le lui ont dit. Parce que, quand il regarde le ciel ou qu’il regarde les profondeurs de la mer, il se dit que tout cela vient bien de quelque part. Alors, il croit à Dieu.

Mais il fait aussi confiance, et c’est la deuxième dimension de son acte de foi. Il fait confiance en Celui qui lui dit tout cela, qui lui révèle tout cela. Donc, comme c’est Dieu qui parle dans la Bible, non seulement il croit à Dieu mais il croit Dieu. Il se tourne vers le Seigneur et il Lui dit « Oui, je Te crois. Dans le Livre de la Genèse, Tu nous apprends que Tu as fait l’homme à ton image, eh bien, cela je le crois », et il le redit avec ses mots : « Dieu a fait de l’homme une image de sa propre identité. » Il dit la même chose que ce que disait le Livre de la Genèse. Oui, il fait confiance à ce que dit Dieu. Dieu dit, dans le premier chapitre de la Genèse : « Tout cela était bon », et, dans le Livre de la Sagesse on trouve : « Dieu n’a pas fait la mort. » « Tout ce qui naît dans le monde est porteur de vie ». – Cela est bon.

Comme dans le Livre de la Genèse ! Donc, ce sage croit à Dieu et il croit Dieu. Et puis, il fait un pas supplémentaire dans la foi, il croit en Dieu. Cela veut dire qu’il fait confiance au Seigneur. Il sait qu’il peut se mettre en alliance avec Lui, car Dieu tend la main, Il nous tend la main, Il vous tend la main, et Il dit : « est-ce que tu veux être mon ami ? Est-ce que tu me fais confiance ? » Et quand nous répondons : « Oui, Seigneur, je te fais confiance », alors c’est ça, croire en Dieu. « Est-ce que tu veux être mon ami, mon allié, mon coopérateur, mon collaborateur, celui qui fait ce que j’aimerais faire dans le monde ? ». Et si nous disons « Oui, je veux être Ton collaborateur, je veux être Ton ami », eh bien, oui, c’est cela, croire en Dieu.

II – Je renonce à Satan, et je m’attache à Jésus-Christ, pour toujours

L’auteur du Livre de la Sagesse nous dit : il y a deux chemins : le chemin de la foi, où on veut se mettre du côté de Dieu, de Dieu qui nous aime, de Dieu qui veut la joie et le bonheur de chaque homme ; ou alors on peut se mettre du côté du Diable, de celui qui est jaloux. Et vous savez ce que c’est qu’un jaloux ? C’est quelqu’un qui ne se réjouit pas de la joie de l’autre. C’est quelqu’un qui préfère être triste quand l’autre est dans la joie. Et qui même aimerait bien casser cette joie. Voilà, le Diable, c’est le grand jaloux par excellence. Alors, avec l’auteur du Livre de la Sagesse, aujourd’hui, vous voulez faire profession de foi, solennellement. À l’époque, il y a une douzaine d’années, on vous a interrogées, mais ce n’est pas vous qui avez répondu, ce sont vos parents qui ont répondu en votre nom. Qu’avez-vous dit ? « Je ne veux pas être du parti du grand jaloux, du Satan et je veux être dans le camp de Dieu ». Et ce sont vos parents qui ont répondu en votre nom. Aujourd’hui, vous allez dire avec votre voix, et j’espère avec votre cœur : « je veux être du côté de Jésus ». En fait, certains, les plus anciens se souviendront peut-être de l’acte de foi qu’on aimait apprendre par cœur avant. On a toujours le droit ! : « Je crois fermement – c’est nous qui parlons à Dieu – toutes les vérités que vous nous avez révélées et que vous nous enseignez par votre Église, parce que vous ne pouvez ni vous tromper ni nous tromper. » Nous faisons confiance au Seigneur, ce qu’Il veut pour nous, c’est la plus grande joie et le plus grand bonheur. Et nous voulons les accueillir dans nos vies.

III – La maladie, la mort, images des conséquences du manque d’amour

Un petit mot sur cet Évangile et ces deux résurrections. Mais, vous allez me dire, oui mais cette femme, avec ses pertes de sang, elle n’était pas morte. En fait, quasiment, parce qu’à l’époque quand on perd du sang, c’est ce qu’on appelle être impur, et du coup on est hors de la communauté, on ne parle pas aux gens, on ne s’approche pas des gens, et donc, d’une certaine manière, c’est comme si on était mort.
Et cette petite jeune fille – Talitha, cela veut dire « jeune fille » – elle est malade au point de mourir physiquement. Dans les deux cas, cette maladie ou cette mort – le plus important, ce n’est pas d’être malade ou mort – ce qui est le plus important, c’est que c’est l’image de ce qui nous arrive lorsque nous choisissons le parti du Diable. Lorsque nous choisissons le parti de la jalousie, donc du péché, du manque d’amour, de l’anti-amour, eh bien, nous nous retrouvons comme cette femme hémorroïsse, comme isolés, sortis de la communauté : nous sommes seuls. Lorsque nous choisissons le parti du diable, du péché, de la jalousie, nous sommes comme cette jeune fille, enfermés. Mais voilà : Dieu, Jésus, veut pour nous la vraie joie et le vrai bonheur, donc Il veut nous permettre de sortir de nous-mêmes, de retrouver la capacité d’être en relation, retrouver la capacité d’aimer et d’être aimé ; c’est pour cela qu’Il guérit cette femme hémorroïsse, c’est pour cela qu’Il relève cette jeune fille, Il leur redonne la capacité d’être en relation. Et, vous l’avez vécu il n’y pas très longtemps, il y a un sacrement spécial pour cela : c’est le sacrement de la réconciliation, c’est celui qui nous permet d’être à nouveau en relation, d’être guéri de nos péchés, de notre manque d’amour.

IV – Mémoire du baptême

Il y a douze ans, treize ans, presque quatorze ans, pour certaines, vous avez été baptisées, et ce jour-là, Dieu a déposé un trésor en vous. Ce trésor, c’est la connexion avec Lui : vous avez l’équipement nécessaire pour être en relation avec Lui, vous avez la puce nécessaire du téléphone qui a été implanté dans votre cœur. Et après ? Qu’est qu’on en fait, de cette puce, de cette foi ? Est ce qu’on tape le numéro de temps en temps ? Tout à l’heure, au début de la célébration, vous avez fait le signe de croix, en plongeant la main dans cette eau bénite, cette eau du baptême. Ce signe de croix, c’est le signe de l’amour de Dieu pour nous, c’est le pilier de notre foi. Dieu est amour et Dieu nous aime au point que Dieu est mort sur la Croix pour nous, pour notre bénéfice, pour notre bien. C’est cela, grandir dans la foi, c’est reposer des actes réguliers de prières, d’écoute de la Parole de Dieu, comme l’auteur du Livre de la Sagesse ; mais Jésus nous donne deux moyens supplémentaires, Il nous donne la vie des sacrements : souvent, vivre le sacrement de réconciliation, et puis, en son temps, le sacrement du mariage, de l’ordre, le sacrement des malades quand il y en aura besoin ; la confirmation, qui vous donnera l’équipement complet, pour toujours choisir le camp de l’amour, le camp de Dieu, le camp de la joie. Il nous donne aussi la communauté, les frères à aimer et à servir. Si vous choisissez ce camp-là aujourd’hui, et demain, et après-demain, le monde ira mieux. Vous pouvez changer le monde ! En fait, c’est ce que vous demande Jésus : « Tu veux être Mon ami ? J’ai une mission à te confier : celle de te changer, toi, pour changer le monde ».

Ah, mission difficile, oui, mais le Seigneur est avec nous, Il ne nous laissera pas tomber, et nous trouverons, dès aujourd’hui, la vraie joie et le vrai bonheur en posant cet acte de foi qui sort de nous, et qui finalement fait briller l’amour là où nous sommes ; c’est ça, le but : amour de Dieu et amour de nos frères et en particulier le plus pauvre et le plus petit. Alors, ensemble, choisissons de poser ensemble cet acte de foi : Dieu m’aime, Il fait de moi Son coopérateur, Son collaborateur, et je peux L’aider à changer le monde dès aujourd’hui.