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29e dimanche du TO – La prière, vie du chrétien

Homélie 20 octobre 2019

Par l’abbé Gaël de Breuvand
Ce texte est la transcription d’une prédication orale. Les titres sont ajoutés après retranscription.

I – Le prophète : celui qui se nourrit de la Parole

La prière de Moïse

Une Parole qu’il nous faut entendre et proclamer ! Entendre, vous l’avez entendu, saint Paul dit à Timothée « Demeure ferme dans ce que tu as appris. […] Sachant bien de qui tu l’as appris ? […] » Tu connais les Saintes Écritures ? Eh bien, nourris-toi de ces Saintes Écritures ! Elles ont le pouvoir de te communiquer la Sagesse. Cela doit nous remettre un petit peu en question, nous… Parce que l’Ancien Testament, le Nouveau Testament, la Bible, on l’entend tous les dimanches, mais est-ce que nous la connaissons ? Est-ce que nous nous interrogeons sur cette Parole ? Est-ce qu’elle nous bouscule ? Est-ce que c’était une surprise, toutes ces Paroles, ou est-ce que, pendant la semaine, j’ai pris le temps, un peu en avance, d’étudier ces textes ? Parce qu’en fait, si je lis le texte à l’avance, il va m’interroger, il me pose des questions, il y a des moments où  cela va me donner des idées, et puis il y a des moments où je vais rester avec un grand point d’interrogation… Et lorsque le prêtre va faire son homélie, on sera en dialogue. Parce que celui qui a lu  l’Évangile, eh bien, il y a un moment où il va se dire « Mais, ah non, je n’avais pas pensé cela comme ça. » Donc, même si l’assemblée ne parle pas dans l’homélie, elle réagit. Vos allez me dire : « Oui je suis d’accord avec ce que vous me dîtes », ou alors « Ouh la, je n’y avais pas pensé ! » Et parfois, j’espère, pas trop souvent : « Ah, là, je ne suis pas d’accord avec vous. » De fait, le mot « homélie » veut dire « dialogue », mais s’il n’y a qu’une seule des deux parties qui connaît son sujet, eh bien, il ne va pas y avoir de dialogue. Donc c’est un appel, quand on lit cette Parole : c’est un appel à nous pénétrer de cette Parole de Dieu, qui doit toucher notre intelligence, notre mémoire et qui doit toucher aussi notre volonté. Et c’est là que vient la conversion. On va changer de sens, on va se décider à la recevoir pleinement, cette Parole. C’est une Parole qui vient de Dieu ! Elle n’est pas de moi, elle vient de Dieu, et elle est bonne pour moi ! Alors cette Parole, lorsque j’en suis bien pénétré, je peux obéir à l’apôtre : « Proclame la Parole, interviens à temps et contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. » Et tout cela, c’est la caractéristique même du prophète : celui qui est pénétré de la Parole de Dieu et qui par toute sa vie, y compris sa parole, en témoigne ! Jésus est prophète, nous sommes connectés à Lui par le baptême, nous sommes dans le Christ, prophètes, et il nous faut le vivre, vraiment. C’était la première partie.

II – Le prêtre : celui qui entre en relation avec Dieu

On attaque la deuxième? C’est le thème de la lecture de l’Ancien Testament, de l’Exode et de l’Évangile : on nous parle de la prière. La prière. Qu’est-ce que la prière ? Quand j’interroge les enfants du caté, ils me disent qu’il faut faire des prières. Alors, ils pensent à des « Notre Père », à des « Je Vous salue Marie », à plein de belles et bonnes prières. Mais ce n’est pas seulement ça, car saint Paul l’apôtre nous dit, encore, à un moment : « Priez sans cesse. » Je ne sais pas pour vous, mais moi je n’arrive pas à faire des prières tout le temps. Il y a des moments où je fais autre chose, je dors, je mange, etc. Alors comment répondre à cette parole, à cette injonction, à cet encouragement ? Comment ne jamais se lasser dans la prière ? « Priez sans cesse. » Peut-être qu’il faut enlever de notre mémoire le mot « faire des prières » et plutôt choisir d’ « être » en prière. Parce que la prière, c’est quoi ? C’est d’abord et avant tout une relation. Et quand je « fais » ma prière c’est que je cherche à entrer en relation ; mais le but de la prière, ce n’est pas de dire une prière, le but de la prière c’est d’établir une connexion entre Dieu et moi, entre moi et Dieu. Alors on a l’exemple de Moïse. Celui-ci est là comme médiateur, il est là comme prêtre. Il est celui qui se place entre Dieu et les hommes pour présenter les hommes à Dieu. C’est ça un prêtre. Et le seul prêtre – il y en a qu’un, pleinement prêtre – c’est Jésus. Moïse en était une annonce. Nous sommes des participants à Jésus. Avec lui, nous sommes prophètes, avec Lui nous sommes prêtres. Et nous, nous représentons le monde tout entier dans notre prière et nous levons les bras vers le ciel, et nous ne nous lassons pas de prier. Alors est ce que cela va changer le cœur de Dieu, notre prière ? Alors peut-être qu’on va être déçus, ou, au contraire, soulagés ? Non, cela ne va pas changer le cœur de Dieu, car Dieu nous aime et Il nous connaît bien mieux que n’importe qui, que nous-mêmes, et sait ce dont nous avons besoin. Qu’est-ce qui se passe quand Moïse prie, quand je prie ? Eh bien, c’est moi qui ouvre les bras, c’est moi qui ouvre mon cœur. Je laisse à Dieu la possibilité de me transformer. C’est ça, la prière. Parce que Dieu exauce toujours. Il m’exauce toujours, à partir du moment où c’est bon pour moi, parce qu’Il m’aime. Parmi vous, il y en a un bon nombre qui ont des enfants. Vous savez bien que quand un enfant souhaite quelque chose, on ne lui donne pas tout ce qu’il demande car ce n’est pas toujours bon pour lui. Eh bien, Dieu, c’est pareil. Si je Lui demande d’être très très riche, très très connu et très très célèbre, pas sûr qu’Il m’exauce. Si je lui demande d’être toujours en bonne santé, pas sûr qu’Il m’exauce. Si je Lui demande d’être saint, de m’apprendre à aimer, de faire grandir en moi la foi, alors là, oui, c’est sûr, Il m’exauce. Parce que c’est ça, le vrai chemin de la joie et du bonheur. Le Bon Dieu ne veut pas pour nous un peu de confort : Il nous veut dans la joie, heureux.

III – La prière, mise en œuvre de ma Foi

Alors, cette prière, c’est un état, il nous faut être en prière, notre cœur toujours ouvert à Dieu, sans jamais se lasser. La prière, c’est, comment dire ?, le flux qui passe par la connexion qui passe entre Dieu et moi. Et vous savez comment s’appelle cette connexion ? Elle s’appelle la Foi ! La connexion entre Dieu et moi, c’est la foi, et c’est Dieu qui m’en a fait cadeau. Au jour de mon baptême – c’est une des réponses possibles – on a demandé à mes parents : « Que demandez-vous pour Gaël à l’Église de Dieu ? »  Et mes parents ont répondu : « La foi qui donne la vie éternelle. » On pourrait répondre le baptême, ou aussi d’entrer dans la communauté des chrétiens mais la plus théologique comme réponse c’est « la foi », une connexion, comme un port usb. C’est une connexion qui est installée à titre définitif dans mon cœur et qui me permet de me mettre en relation avec le serveur central, Dieu. Et Il me transmet Ses données, c’est Sa vie éternelle, Sa vie à Lui, donc Son Amour. Et Il veut me remplir de cet amour. Et puis, la question suivante au jour du baptême, à mes parents : « Vous demandez le baptême pour Gaël, vous devrez lui apprendre à connaître le Christ, lui enseigner les commandements, pour qu’il aime Dieu et son prochain. » C’est le mode d’emploi, ça. Connaître le Christ, être en relation avec Lui. L’aimer et se laisser aimer par Lui, aimer son prochain et se laisser aimer par lui. C’est ça, la prière. Du coup, nos prières formelles vont nous aider, dire un vrai Notre Père – c’est la prière que Jésus nous a enseignée – en y mettant tout notre cœur, dire un vrai Je vous salue Marie, dire un vrai acte de foi, je ne sais, dire une prière à saint Michel archange ou la plus belle, la plus parfaite des prières qu’est la Messe, c’est une forme qui m’aide à être en relation avec Dieu. Et il s’agit de ne jamais me lasser, car si je ne prie pas, qu’est-ce qui se passe ? Eh bien ma connexion avec Dieu – autrement dit ma Foi – eh bien elle s’encrasse.
Il y a quelques années, on m’a offert un scooter. Mais, je n’ai jamais pris le temps de passer la qualification pour conduire un scooter, et donc du coup, j’ai fait le plein, je l’ai déplacé sur 2 km, et ensuite je l’ai mis au garage. La prière, ce serait mon carburant que je n’ai pas dépensé. Et que s’est-il passé au bout de quelque temps ? J’ai essayé de redémarrer le scooter, mais ça n’a pas marché.
C’est pareil pour ma foi. Ma foi est vivante quand je l’utilise, quand je fais passer, par ce canal, ma prière, ma volonté d’entrer en relation avec Dieu. Et c’est pour cela que Jésus se pose la question : « Quand le Fils de l’Homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Ce n’est pas que nous aurons perdu la foi, car la foi c’est le cadeau de Dieu que Dieu n’enlève jamais mais, par contre, elle sera bien encrassée et plus personne ne saura l’utiliser.

Alors aujourd’hui, en ce dimanche, demandons à Dieu de décrasser notre foi. Que notre prière puisse passer – cela implique un acte de volonté, une décision – oui, Seigneur, à partir d’aujourd’hui je vais prendre un petit temps pour Toi chaque jour, et puisque j’aurai pris ce petit temps, cela va influer sur toute ma journée. Et, ayant « fait » ma prière, je vais pouvoir « être » en prière, c’est ce que je nous souhaite, et c’est ce que nous demandons au Seigneur.

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