Entrer dans l’obéissance du Fils

Chers amis, 5e dimanche de Pâques, le Christ est ressuscité ! et il est avec nous chaque jour, il nous parle, il nous dévoile ce qu’il est, il nous dévoile ce qu’est le Père, car quand on a vu Jésus, on a vu le Père.

Je voudrais revenir sur un mot qui revient 2 fois dans les textes qui nous sont donnés aujourd’hui…
« une foule de grands prêtres parvenaient à l’obéissance de la foi« . Et chez saint Pierre « ceux qui refusent d’obéir à la Parole« … Ce mot c’est « obéir« …

I – Obéir, c’est écouter

Vous le savez, ce mot obéir a mauvaise presse. Aujourd’hui quand on pense obéissance, on pense à la contrainte que les parents mettent sur leurs enfants, que la loi nous impose. De fait l’obéissance cela ne nous plait pas beaucoup, nous n’aimons pas beaucoup.
Il nous faut revenir à l’étymologie, car si la Bible, si Jésus nous parle d’obéissance (qui fait partie des conseils évangéliques), cela signifie qu’il y a quelque chose pour nous, que c’est bon. Si c’est une qualité que les grands prêtres parviennent à l’obéissance de la foi, il faut donc que nous accueillions l’obéissance. Qu’est-ce que c’est ?

ob-audire, en latin, hupo-kao en grec, c’est écouter dans une position en-dessous. En fait, c’est recevoir, accueillir. Je reçois la parole qui m’est donnée parce que je pense qu’elle est bonne pour moi. Alors évidemment l’obéissance peut être infligée… on peut contraindre à l’obéissance. Mais ce n’est pas de cela dont on parle…

Ici on parle d’une obéissance de Fils, obéissance filiale. A la différence de l’obéissance contrainte, servile, obéissance d’esclave. Or nous ne sommes plus des esclaves, nous sommes des hommes libres, nous sommes des Fils, alors nous sommes invités à entrer dans une obéissance qui est celle de Jésus lui-même. Ecoutons-le, regardons-le. Le Père et Lui sont Un, tout ce qu’il entend du Père, il le fait, il nous le dit… qui a vu le Fils a vu le Père… l’unité du Père et du Fils dans ce rapport de Parole donnée et reçu. Le Père qui se donne, le Fils qui reçoit.

Nous sommes nous-aussi invités à être des fils, comme Jésus, fils du Père, fils de Dieu. Fils de l’Église, nous sommes invités à témoigner de l’amour de Dieu pour le monde de la même manière que Jésus l’a fait. A obéir en recevant la Parole qui nous est donnée.
Concrètement, le conseil évangélique d’obéissance s’applique à chacun. Tous les chrétiens sont invités à entrer dans une obéissance. D’abord à la Parole de Dieu, à Jésus qui se donne, à Jésus qui se dévoile. Mais aussi obéissance envers tous ceux que Dieu place sur notre chemin. Un lieu essentiel où l’obéissance est nécessaire : au sein du mariage au sein du couple « je reçois ta Parole, parce qu’a priori, je pense que ta parole est bonne« 

II – Obéir, une vertu, une force

L’obéissance est une vertu, une force du juste milieu entre deux extrêmes. Il y a du ‘pas assez d’obéissance’, celui qui croit qu’il est le Soleil, autour de lui tout doit tourner : c’est l’orgueilleux qui manque d’obéissance, car il se voit source de toute vérité. A l’inverse, le ‘trop d’obéissance’ serait de recevoir la parole sans jamais la passer au crible du discernement… l’autre aurait toujours raison ! évidemment sur la terre ce n’est pas le cas.
L’obéissance ne nous demande pas de déposer notre intelligence. au contraire, il faut la mettre en œuvre. Je reçois la parole et je cherche à la comprendre, à comprendre la raison pour laquelle elle nous est donnée, pourquoi elle est bonne pour nous. Et si elle est bonne, alors j’y met tout mon cœur.

Le prêtre fait une promesse d’obéissance à son évêque. C’est un acte solennel, il met les mains dans les mains de l’évêque : « promets-tu d’obéir à moi et à mes successeurs ? », et le prêtre réponds : « je promets« . Cette promesse, cet engagement de ma parole à recevoir la parole de l’autre. Je suis invité à participer à l’action de celui qui émet la parole. C’est ce que fait Jésus. Il le dit : « le Père est en moi ; et c’est son œuvre qui s’accomplit à travers moi moi« . Nous sommes chrétiens, vivre l’obéissance c’est cela : laisser Dieu agir en nous ; Et pour cela il faut que nous y mettions, toute notre intelligence, toute notre mémoire, toute notre volonté… parce que la vraie obéissance, c’est une histoire d’amour.

l’obéissance, une histoire d’amour

Obéir en vérité, c’est un combat, apprendre l’obéissance, c’est difficile. Car il est plus facile de choisir la contrainte plutôt que de faire grandir dans une vraie et belle obéissance ; C’est un vrai défi dans l’éducation des enfants. C’est un vrai défi dans notre propre éducation, notre croissance humaine et spirituelle.

Au final, cette obéissance, cet accueil de la parole de Dieu, et de tous les moyens qu’il a donné, par lesquels il agit (évêques, prêtres, enseignants, parents) tous ceux qui ont une charge d’autorité (de auctoritas : ce qui fait grandir). Peut-être qu’il faut que je pose ce principe : celui qui a responsabilité veut me faire grande, veut mon bien… et je peux lui faire confiance. C’est la démarche des grands prêtre : ils parvenaient à l’obéissance de la Foi (de fides, qui est à la racine de confiance). Ils vont confiance aux apôtres qui sont les relais de la tendresse, de l’amour, de la vérité de Dieu. Alors, oui, ils croient

Alors laissons nous toucher par le Seigneur, entrons dans cette obéissance de la Foi… et ainsi nous serons comme ces grands prêtres, comme aux premiers temps de l’Église, une communauté

Postscriptum

L‘obéissance est une démarche personnelle. Chacun de nous est invité à obéir. l’obéissance ne se caractérise pas forcément par une rapport hiérarchique descendant. Celui à qui j’obéis n’est pas forcément mon supérieur ; j’obéis à celui que j’écoute. Il peut être petit, il peut être grand, je l’écoute, je reçois sa parole et je la fais mienne.
[ainsi la décision que les apôtres prennent face à la demande des chrétiens de langue grecque peut être caractérisée comme un acte d’obéissance]

Aimons et laissons-nous aimer.