Homélie de l’Ascension du Seigneur

Chers amis,
fête de l’Ascension, le Christ ressuscité qui était là avec nous pendant 40 jours depuis cet évènement de Pâques, qui a enseigné ses disciples, leur a dévoilé tout ce qu’ils n’avaient pas encore compris, disparait à nos yeux. Et les disciples sont troublés, ils restent là les yeux fixés au ciel, ne sachant plus bien quoi faire. Jésus disparait à nos yeux, nous ne pouvons plus le voir, nous ne pouvons plus le toucher, nous ne pouvons plus l’entendre. Est-ce la fin de l’histoire, non !
Jésus à fait une promesse (et même 2)
« Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps« . Même si on ne le voit pas, il est là. Et la 2e « Je vous enverrait une force, celle de l’Esprit Saint ».

I – Le paradoxe de l’Ascension

Dans l’Ascension nous découvrons que Jésus, – pleinement homme pleinement Dieu – était sur la terre comme un homme, et il monte auprès du Père, et là, – pleinement homme pleinement Dieu – il est Dieu auprès du Père.
Jésus, en nous quittant, reste présent avec nous, car il est Dieu et il nous fait un cadeau immense, l’Esprit Saint, Dieu tout entier, Dieu amour qui veut venir habiter dans nos cœurs. C’est la fête dans 10 jours, et c’est une neuvaine qui commence et nous allons invoquer, implorer :  » Esprit, vient dans mon cœur, fais de moi un chrétien ».

Jésus nous a quitté, séparation. Et il est pour toujours avec nous, comment est-ce possible ? quel paradoxe.

II – Les limites de l’Église sainte

En fait ce paradoxe se résout dans la lettre de saint Paul qui nous est donné en 2e lecture. Jésus est la tête de l’Église et nous sommes les membres l’Église. Tête et membres, un corps.

C’est l’occasion de réfléchir à ce qu’est l’Église. Ekklesia, assemblée, groupe de ceux qui sont appelés, convoqués. Nous sommes appelés par le Christ pour être membres de sa compagnie, pour être de ses amis, pour être membre de son corps. Nous sommes appelés pour être Peuple de Dieu, Nous sommes appelés pour être temple de l’Esprit Saint, Nous sommes appelés pour être comme Dieu, saint.

Le Christ nous a appelés et il a fait de nous l’Église, celle qui est sainte, comme on le dit dans le credo. Elle est sainte, grâce à nous ? non, pas grâce à moi en tous les cas. Elle est sainte, grâce à Dieu parce que le Christ nous envoie son Esprit qui – lui – nous sanctifie.

Qu’est-ce que l’Église ? c’est l’assemblée des saints, c’est l’assemblée de ceux qui veulent accueillir l’Esprit saint dans leur vie. En fait, la frontière de l’Église n’est pas entre celui-là et moi. Non, la frontière de l’Église passe au milieu de mon cœur. Ce qui est saint ce qui est à l’écoute de la Parole de Dieu en mon cœur, est vraiment partie de l’Église. Là où j’ignore Dieu, ce n’est pas l’Église. L’Église est sainte et sa frontière passe dans mon cœur. Tout le travail est d’accueillir l’Esprit Saint dans ma vie, de telle sorte à faire grandir l’amour et à chasser le mal, et ainsi être tout entier engagé dans l’Église, dans la sainteté de Dieu.

III – 3 images de l’Église

Nous sommes Corps du Christ. Corps du Christ. Nous avons donc un lien avec la tête. Et d’ailleurs un corps sans tête n’a pas de sens. Et la tête a besoin d’un corps. Le Christ a besoin de nous, il a décidé d’avoir besoin de nous. Il a besoin de nous, et nous sommes invités à être son corps.
L’art de vivre de l’Église : « Écoute Israël, le Seigneur ton Dieu est l’Unique, tu l’aimeras de tout ton cœur de toute ton âme de tout ton Esprit... » : être en relation avec Dieu, voilà la mission, voilà le cœur de l’Église. « et tu aimeras ton prochain comme toi-même »... être en relation les uns avec les autres, voilà la mission, voilà le cœur de l’Église. Un seul commandement qui ne peut pas être divisé.
« Chacun de nous est un membre de son corps » aimons-nous chanter, chacun de nous est nécessaire à la vie de ce corps, si nous manquons, nous manquons à tout le corps.

Le concile Vatican II rappelle les titres de l’Église, en s’appuyant sur la Parole de Dieu.
Nous sommes aussi le Peuple de Dieu, un peuple en marche. Oui si nous étions seulement corps du Christ, puisque la tête est monté près du Père, nous serions près du Père, et visiblement nous ne le sommes pas encore en plénitude.
Peuple en marche, notre tête est déjà arrivée, elle est au but. Mais nous sommes en marche, et comme le peuple hébreu à travers le désert, après avoir franchi la mer Rouge, nous nous avançons vers la montagne de Dieu, nous nous avançons pour rencontrer Dieu face à face. Et sur ce chemin, dans cette marche qui n’est pas si facile, nous devons prendre soin les uns des autres, nous devons avancer ensemble. C’est cela l’Église, un peuple qui marche, un peuple qui est le Corps du Christ.

Et c’est aussi le Temple de l’Esprit-Saint, Cet Esprit Saint qui nous est donné et que nous appelons nous sommes Temple de l’Esprit-Saint ensemble, mais aussi chacun. Chaque fois que nous accueillons un sacrement dans nos vie, nous sommes un peu plus et un peu mieux temple de l’Esprit, un peu plus et un peu mieux corps du Christ.

Et alors nous accomplissons ce pour quoi nous sommes faits, être Christ sur la terre pour le monde. Mission difficile trop lourde pour nous, mais le Christ porte avec nous, il est là tous les jours, avec nous, jusqu’à la fin des temps.