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Le Christ est roi !

Homélie 24 novembre 2019
Solennité du Christ roi de l’univers, année C

Par l’abbé Gaël de Breuvand
C’est la transcription d’une prédication orale, dont on a gardé le style parlé. Les titres sont ajoutés après retranscription

I – David, Jésus tête du corps, Jésus crucifié

La Première Lecture, c’est l’histoire du roi David. David était, dans son jeune temps, berger. Et voilà qu’il a été choisi par Dieu pour devenir un roi. Et le peuple d’Israël dit « Sois notre roi, sois notre roi, comme Dieu le veut ! » Autrement dit, un vrai berger. Donc, vous vous en souviendrez bien : le roi David, un roi, un vrai berger. Ensuite, la Deuxième lecture – qui est compliquée, c’est un des plus beaux textes de tout le corpus paulinien, de toutes les lettres de saint Paul, mais quand on l’entend une fois, on ne le comprend pas immédiatement – elle commence par une parole : « Rendez grâce, remerciez le Seigneur ! » Pourquoi ? Parce que le Seigneur est venu nous visiter, Jésus, Il est Dieu. Et Jésus monte au ciel, et comme Il nous a connectés à Lui par le baptême, Lorsqu’Il monte au ciel, il nous entraîne avec Lui. Il est la tête du corps. Nous sommes les membres du corps, Il est la tête, par Lui, nous recevons la vie, et nous suivons la tête là où elle va. Et quand elle va au ciel, nous y allons avec elle.
Et puis, enfin, l’Évangile de saint Luc, qui nous raconte le moment où Jésus est sur la Croix. Je viens de dire que Jésus est monté au ciel. Et là, je suis en train de vous dire que Jésus est sur la Croix. Et je vais aussi vous dire que, on l’a dit au début de la messe, aujourd’hui c’est la fête du Christ-roi.

II – La place du vrai roi : au pied de ceux qu’il aime

Vous avez déjà vu des rois sur une croix ? Ce n’est pas la meilleure place pour un roi. D’habitude les rois, on les voit où ? Sur un trône ! Normalement, la place du roi est sur un trône, et, de fait, Jésus, son trône, c’est la Croix. C’est un peu étonnant. Ce n’est pas tout à fait normal. Et du coup, on se dit que si Jésus est roi, Il ne doit pas être tout à fait roi comme les rois de la terre. Il est même complètement différent des rois de la terre. Et d’ailleurs Il nous montre qu’un vrai roi, un bon roi, c’est comme le roi David : c’est un berger. Avez-vous déjà vu des bergers ? Non ? Un berger, il a un troupeau, ce sont des vaches, ou, dans la Bible, ce sont des brebis. Dans la Bible, on aime les troupeaux de brebis. Et du coup, si le berger s’assoit sur un caillou et qu’il dit aux brebis : « Venez me servir ! », est-ce que cela va marcher ? Non. Les brebis n’en ont rien à faire du berger, elles ne vont pas se mettre à son service. Par contre, le berger, ce qu’il va faire pour son troupeau, c’est en prendre soin. Il va s’assurer qu’elles ne vont ni à droite, ni à gauche, mais qu’elles prennent le bon chemin, il va s’assurer que les brebis ne se perdent pas, qu’elles ne tombent pas dans un trou, il va les conduire vers de la nourriture, vers de l’eau ; lorsqu’il y en a une qui sera blessée, il va la soigner, lorsqu’il y en a une qui attendra un bébé, il va l’aider à agneler, et puis lorsqu’elles seront attaquées, il les défendra. C’est cela qu’il fait, le berger ; en fait, il se fatigue pour son troupeau, il en prend soin. Et un vrai roi, comme le veut la Bible, un bon roi, c’est quelqu’un qui prend soin de ceux qui sont autour de lui. Et Jésus nous a montré plusieurs fois des moments où Il est encore plus roi que d’habitude ; et en particulier le moment où il montre vraiment qu’il est un roi, c’est au moment où Il se met aux genoux de ses disciples pour leur laver les pieds. C’est quand même étonnant ! Jésus nous explique qu’un bon roi, qu’un vrai roi, c’est quelqu’un qui se met au service des autres.

Je suis sûr que vous connaissez des rois et des reines dans votre vie. Pour les enfants, il y a des rois et des reines que l’on côtoie tous les jours : ce sont nos papas et nos mamans. Eh oui ! Les papas et les mamans, ce sont de vrais rois et de vraies reines, car ils sont sans cesse aux pieds de leurs enfants. En tout cas c’est ce à quoi vous êtes appelés, et c’est ce que vous essayez de mettre en œuvre. Et parfois, quand c’est un peu compliqué, vous pouvez vous dire « Seigneur, je suis en train de T’imiter, de faire comme Toi ». Parce que c’est à ça que Jésus nous appelle, Il veut que nous soyons comme Lui. Connectés à Lui, nous sommes membres de Son corps. Il est roi, et nous sommes invités à être comme Lui, rois ! D’ailleurs, c’est ce que l’on vous dit le jour du baptême : vous devenez, en Jésus, prêtre, prophète et roi. Et il nous faut vivre ça.

III – Le roi, c’est celui qui commande tout !

Je vais revenir un tout petit peu sur l’Évangile. Dans cet Évangile, on voit comme une image un peu large. Imaginez-vous, on voit la Croix, puis deux croix autour, celles des bandits, on voit ensuite une foule, et dans celle-ci des gens qui se moquent de Jésus : « Ahaha, si tu étais roi, si tu étais Dieu, tu pourrais descendre de là. » Il y a également des soldats romains qui font : « Ahaha, il a dit qu’il était roi, mais il est sur la croix » ; et puis des gens – même ses amis qui croyaient qu’il était Messie, qu’il était Sauveur – qui se disent « C’est foutu ! » Et puis, là, on a une sorte de zoom, hop !, et on vient se concentrer sur le bandit qui est à la droite de Jésus et qui dit : « Moi, j’ai bien mérité d’être là, et Jésus, il n’a pas mérité d’être sur la Croix ». Pour être sur la croix, il faut quand même vraiment être un bandit. Et il se tourne vers Jésus, il a bien conscience qu’il est un pauvre type, voire plus que ça, un bandit, un brigand, un assassin, un violeur, je ne sais… Il a fait le pire, il a conscience de ne mériter rien, et il se tourne vers Jésus et lui dit : « Fais-moi entrer dans ton royaume. » Il sait qu’il ne peut pas se sauver lui-même, alors il se tourne vers Jésus et il lui dit « Seigneur, toi tu peux me sauver. » C’est le seul qui y croit. Et Jésus manifeste, à cet instant, Sa royauté. Oui, il est roi, parce qu’il peut ouvrir les portes du royaume. Il l’avait dit d’ailleurs, « Je suis la porte », il peut ouvrir la porte du royaume, et Il lui dit « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le Paradis. » Et Jésus, à ce moment-là, accomplit ce pourquoi Il est venu. Il est venu pour sauver les hommes, Il est venu pour sauver ce qui était perdu, et Il a sauvé ce qui était le plus perdu de tous les perdus, le bandit, qui est désormais sauvé. Il va mourir, mais il entre dans la joie de son maître.

De fait, pour être sauvé, ce bandit a dû reconnaître qu’il était perdu, il a dû reconnaître qu’il méritait bien cette place-là, qu’il était pécheur. Peut-être qu’il nous faut l’imiter, reconnaître que nous sommes pécheurs et que nous ne pouvons pas nous sauver par nous-mêmes. Il nous faut nous laisser sauver. C’est ça, accueillir la royauté du Christ, et Jésus le sauve, car Jésus est un roi qui veut nous sauver, Il veut nous faire entrer dans son royaume, Il veut nous faire entrer dans Sa joie et dans Son bonheur. De fait, ce vocabulaire de roi, de royaume, c’est un vocabulaire dont on a un peu perdu l’habitude, de nos jours, on n’y pense pas souvent. Ce matin, je posais la question : « Qu’est-ce-que c’est qu’un roi ? » Et il y a un enfant qui a répondu « Un roi, c’est quelqu’un qui commande tout ! » De fait, c’est vrai ; mais Jésus n’est pas tout à fait un roi à la manière humaine, mais Il commande quand même à tout. Il commande tout, mais Il veut faire de nous, non pas Ses esclaves, mais Ses collaborateurs, Ses coopérateurs. Il veut nous sauver, mais Il ne le fera pas sans nous. Il a le pouvoir de nous sauver, mais Sa puissance s’arrête là où commence notre liberté.

Entrer dans le combat de Dieu

Nous avons le choix, nous sommes invités à accueillir le Christ mais nous n’y sommes pas obligés. Et il y a un combat à mener. Alors je vais reprendre une image que donne saint Ignace de Loyola, le fondateur des Jésuites : il parle des deux étendards. Il y a deux étendards : il y a d’un côté une armée bien organisée, tout le monde est discipliné, ça brille, c’est rutilant, chaque chose est à sa place, c’est un camp où il y a la paix, où il y a l’ordre, où on est heureux, on est dans la joie. Cet étendard-là, c’est celui du roi, c’est celui du Christ ; et puis, il y a un autre étendard ; cette armée qui est là, ce n’est pas vraiment une armée, ça part dans tous les sens et ça se dispute, et ça se bagarre. Cet étendard-là, c’est celui de mon égoïsme, c’est celui de mon péché.

Il va falloir mener un combat ; et moi, au milieu, je suis invité à choisir de quel côté je vais me placer. Je choisis d’être dans le camp de Dieu, dans le camp du Christ. De fait, il faudra mener le combat, d’abord et avant tout contre moi-même, contre mon égoïsme, contre mon péché, mes tendances ; mais c’est un combat que j’ai déjà gagné, puisque je suis dans le camp du roi. Ou bien je pourrais mener le combat de l’autre côté : c’est moins difficile, c’est peut-être même plus confortable, mais, à la fin, j’aurai tout perdu. Alors, nous sommes invités à choisir, à entrer dans le combat de Dieu, dans le royaume de Dieu pour rentrer dans Sa paix et dans Sa joie.

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